Cet essai développe une réflexion autour du photographique dans son lien à la mémoire et au deuil, qu’il soit intime ou d’ordre historique. Il montre que la photographie est une figure de deuil, autrement dit, elle fait à la fois coupe et lien. À travers un corpus restreint de trois films-essais, cet ouvrage analyse des figures de deuil et des gestes filmiques singuliers.
Des cinéastes contemporains tels que Béla Tarr, Pedro Costa, Tsai Ming-liang, Lav Diaz, Hu Bo, Michelangelo Frammartino ou encore Roy Andersson proposent des films en plans longs qui déploient des coalescences spatiotemporelles singulières.
Cet ouvrage riche de nombreuses images est le premier, en français, consacré à l’œuvre de Lav Diaz. Il réunit les contributions de chercheurs et de critiques de cinéma, un journal de tournage, ainsi que des entretiens inédits.
HaFI 023 est issu d’une première valorisation de l’œuvre cinématographique et télévisuelle de Teri Wehn Damisch, organisée en 2022 à la Galerie Colbert (Paris) et au Centre Pompidou, avec une rétrospective, un workshop universitaire et une exposition. Le livret contient quatre textes de Teri Wehn Damisch, évoquant la conception de ses films sur l’artiste Robert Morris, la photographe Gisèle Freund et l’anthropologue Françoise Héritier. Un essai d’Enrico Camporesi détaillant la genèse du film Sur la longueur d’ondes de Michael Snow (2001) et une étude du portrait dédié au chef décorateur Alexandre Trauner, signée par Christa Blümlinger, complètent cet ensemble.
Analyse des pratiques artistiques et les formes filmiques qui résultent de l’hybridation avec la danse. À la découverte d’une autre histoire des formes ciné-chorégraphiques expérimentales, dans laquelle le mouvement inspiré de ou aspirant à la danse se manifeste dans la matière proprement filmique, plutôt que dans les corps à l’écran. Ce livre propose de revisiter l’histoire du cinéma expérimental, placé sous le signe de la danse, à l’ère du film argentique. Il a pour ambition d’établir l’existence d’une « pulsion dansante » qui dynamise les expérimentations d’une poignée de cinéastes d’avant-garde entre les années 1920 et la fin des années 1960. Cette histoire fait ainsi apparaître un modèle ciné-chorégraphique qui décentre la danse de la représentation des corps à l’écran, pour l’ériger en tant qu’idéal esthétique ou catalyseur d’expériences sensibles.
Le cinéma est-il une chose qui s’invente ? Si cet ouvrage répond positivement, c’est parce qu’il prend le parti des machines. Il montre que les machines de vision constituent, au cœur de la culture et de la science occidentales, un vaste ensemble de filiations, de réseaux, d’imaginaires, d’impasses excentriques et de propositions fécondes.
C’est d’abord à l’aune de la distinction opérée dans L’Image-temps entre « cinéma du corps » et « cinéma du cerveau » que cet ouvrage collectif interroge la pensée deleuzienne du septième art et des images en mouvement. Mais également en la confrontant à la phénoménologie, via la figure de Merleau-Ponty, et son affirmation de la présence irréfragable du corps dans sa considération de l’image filmique, tout comme à d’autres figures et courants de pensée qui ont pu influencer Deleuze quant à sa conception du cerveau et de la tacite spectatorialité aux frontières diffuses qu’elle implique. Les contributions ici recueillies proposent des discussions, reprises ou prolongements, mais aussi des critiques, voire des refus, de la taxinomie de Gilles Deleuze, et plus largement de sa philosophie, notamment par l’appréhension d’œuvres filmiques extérieures à L’Image-mouvement et à L’Image-temps, manière de la remobiliser en se saisissant de son ouverture déclarée.
Si Gilles Deleuze ouvre son diptyque consacré au cinéma, constitué de L’Image-mouvement et de L’Image-temps, en insistant sur le fait qu’il n’écrit pas ici une « histoire » du septième art mais plutôt « une taxinomie, un essai de classification des images et des signes », il a souvent été souligné combien c’est un événement historique qui paraît servir d’articulation entre les deux tomes et les régimes d’images correspondants. C’est la Seconde Guerre mondiale, en effet, qui semble marquer le passage entre l’« image-mouvement » et l’« image-temps », malgré les déclarations d’intention du philosophe. L’hésitation que l’on peut mettre au jour entre taxinomie et histoire dans le diptyque est loin d’être anodine, puisqu’elle en perturbe profondément l’économie générale. Revenant aux sources théoriques et filmiques de la pensée de Deleuze, cet ouvrage cherche à interroger l’idée d’une rupture de l’« histoire » du cinéma se produisant avec la Seconde Guerre mondiale, et à déterminer le type d’histoire dont il s’agit dans ce cas ici. En son centre, se trouve l’affirmation d’une compromission du septième art dans la propagande, particulièrement celle du régime nazi dont la fusion avec sa propre mise en scène nous laisserait, selon Hans-Jürgen Syberberg et Deleuze après lui, aux prises avec un Hitler comme « cinéaste ». Un « mythe négatif » du dictateur, dont l’ombre porterait après-guerre sur l’ensemble des images filmiques, qui s’avérera être aussi, en définitive, celui du cinéma dit « moderne ».
