Avr
18
mer
2018
Célébrons le centenaire d’André Bazin @ INHA salle Mariette
Avr 18 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Célébrons le centenaire d'André Bazin @ INHA salle Mariette | Paris | Île-de-France | France
Séminaire inter-universitaire sur la critique
Célébrons le centenaire d’André Bazin !

Dans le cadre du séminaire sur la critique de cinéma « IDEC » le laboratoire HAR (Paris Nanterre) ses directeurs Hervé Joubert-Laurencin et Rémi Labrusse vous invitent cordialement à partager un verre en mémoire du critique de cinéma André Bazin (18 avril 1918 Angers-11 novembre 1958 Bry-sur-Marne).

Cette année de commémoration nationale verra la sortie courant octobre de ses Écrits complets aux éditions Macula d’un film documentaire, Bazin roman, réalisé par Marianne Dautrey et Hervé Joubert-Laurencin de colloques internationaux organisé à Chicago en octobre par Daniel Morgan et Dudley Andrew et à Paris en décembre par le groupe IDEC.

 

Juin
6
mer
2018
Chantier Bazin @ INHA salle Mariette
Juin 6 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Chantier Bazin @ INHA salle Mariette | Paris | Île-de-France | France
Séminaire inter-universitaire sur la critique
Chantier Bazin

De l’intérêt et de la manière de publier les écrits complets d’un critique de cinéma.

Dernier séminaire de l’année, autour du livre en préparation : André Bazin, Écrits complets, en 3 volumes, Préface et notes par Hervé Joubert-Laurencin.
Hervé Joubert-Laurencin, directeur de l’ouvrage, Pierre Eugène, qui fut ingénieur de recherche lors d’une étape de son élaboration et qui y collabore toujours, Véronique Yersin, directrice des éditions Macula, ainsi que d’autres membres de l’équipe disponibles actuellement au travail sur le bouclage de cette édition exceptionnelle, viendront présenter l’état de la science et l’état de l’objet.

 

Mar
19
mar
2019
La boucle animée, du jouet optique au Gif + Pour l’histoire de la création d’un genre cinématographique @ INHA - salle Mariette
Mar 19 @ 14 h 00 min – 17 h 00 min
La boucle animée, du jouet optique au Gif + Pour l’histoire de la création d’un genre cinématographique @ INHA - salle Mariette | Paris | Île-de-France | France
LES ÉTATS DU CINÉMA, SÉMINAIRE DOCTORAL
Dirigé par Dominique Willoughby

Marion Charroppin (doctorante ESTCA, Paris 8) : La boucle animée, du jouet optique au Gif

Le projet de cette thèse est de relier l’analyse esthétique des boucles continues issues des jouets optiques à celle d’images animées ultérieures telles que le Gif. Apparu en 1983, le Gif ou « graphic interchange format » désignait à l’origine un format d’image numérique fixe destinée à internet. À partir de 1996 où apparaît un Gif représentant un bébé qui danse, ce format correspond à une image animée selon une brève séquence qui se répète à l’infini. À l’ère de la communication numérique, les Gif sont surtout présents sur les réseaux sociaux et les smartphones, s’intégrant aux discussions comme un nouvel élément de ponctuation. Dans le cas d’une boucle continue, la première et la dernière phase de l’action se confondent, effaçant le début et la fin. Dans ce cas, le Gif est une forme d’image animée de tendance anarrative, qui remet en question la classique conception linéaire du temps de l’image animée cinématographique. Il nous semble intéressant de questionner la place que peut avoir cet objet anarratif dans une conversation virtuelle sur les réseaux sociaux.

Il semblerait que le Gif animé en boucle continue soit une entité graphique qui exprime de l’affect plutôt qu’il ne raconte une histoire. Les représentations culturelles qu’il réemploie sont choisies pour leur pouvoir expressif. Le Gif peut être composée de plusieurs petites actions mais son ensemble est conçu pour provoquer une émotion simple : rire, peur, dégoût, excitation sexuelle. On rencontre ce schéma anarratif avant l’ère du cinéma narratif classique, à travers certains jouets optiques du XIXe siècle (phénakistiscope, zootrope,praxinoscope) qui présentent des animations en boucle continue composant le même genre d’« unité expressive » que le Gif.

Au cours de ce travail, nous questionnerons les modalités d’expression de la boucle animée,son évolution dans le temps, ainsi que la réception de ces images, en comparant les boucles animées du « précinéma » et celles du postcinéma d’un point de vue scénaristique, stylistique et de leur technique d’animation. Nous nous demanderons comment, du XIXe siècle à nos jours, la consommation spécifique des images animées en boucle a impacté le ressenti des formes, des couleurs et du mouvement chez le spectateur. L’expression cyclique d’un motif entraînant une consommation des images de l’ordre de « l’attraction», nous verrons en quoi les boucles continues des Gif participent à faire de l’ère numérique une ère attractionnelle en rupture avec le schéma narratif de l’ère cinématographique.

Stefano Darchino (doctorant ESTCA, Paris 8) : Pour l’histoire de la création d’un genre cinématographique

En s’appuyant sur les concepts de Tzvetan Todorov, de Jean-Louis Leutrat et de Janet Staiger (entre autres), une approche historique et « matérialiste » à l’égard des genres cinématographiques sera proposée : ils n’existent qu’à partir du moment où ils sont nommés. Dans ce processus de création, un rôle fondamental est souvent joué par les critiques de cinéma, dont les textes publiés participent à la diffusion du genre : par exemple, on sait que le « film noir » a été forgé par la critique cinématographique française. L’étude de cas qui sera employée correspond au genre italien du « cinema demenziale » (cinéma démentiel), né au début des années quatre-vingt à partir de la réception critique de quelques films comiques américains venant de sortir en salles : 1941 (de Steven Spielberg, 1979), Y a-t-il un pilote dans l’avion ? (Airplane!, de Jim Abrahams, David Zucker & Jerry Zucker, 1980) et The Blues Brothers (de John Landis, 1980).

 

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Mar
27
mer
2019
Bazin au complet : qu’est-ce que ça change ? Une étude de textes @ Institut National d'Histoire de l'Art
Mar 27 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Bazin au complet : qu’est-ce que ça change ? Une étude de textes @ Institut National d'Histoire de l'Art
SÉMINAIRE INTER-UNIVERSITAIRE SUR LA CRITIQUE
Bazin au complet : qu’est-ce que ça change ? Une étude de textes

La publication récente des Écrits complets d’André Bazin aux éditions Macula (2681 textes rendus publics, pour la plupart une seule fois dans un journal ou une revue, entre décembre 1942 et décembre 1958, suivis de 19 Varia isolés et d’une centaine de pages de variantes ou d’inédits contenus dans les 11 volumes posthumes de l’auteur publiés entre 1958 et aujourd’hui)  remet en circulation la pensée de Bazin sur le cinéma. Comme ses idées étaient déjà largement diffusées dans le monde à partir d’une petite sélection connue de bons textes élus par lui ou par ses éditeurs posthumes (un sur dix environ au total), qu’est-ce que cela change  – ou plutôt qu’est-ce que « ça » change, si l’on considère que des textes choisis sont le résultat d’un « surmoi » ?
En relisant de près quelques textes oubliés ou retrouvés, pour passer du détail à l’œuvre entière et retour (« Et Clic ! Zirkel im verstehen », comme dit Madame Maggi dans Salò ou les 120 Journées de Sodome, et aussi Pier Paolo Pasolini plus calmement, qui lisait Leo Spitzer en théoricien de la relation critique), je ne chercherai  pas à quadriller la bonne ou la mauvaise parole de Bazin ou sur Bazin (à bas le moralisme !), mais seulement  d’imaginer les prémices une histoire rapprochée de sa critique ou : « Que signifie se rapprocher d’une œuvre ? ».

Hervé Joubert-Laurencin est professeur à l’Université Paris-Nanterre.

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Avr
15
lun
2019
Rencontre avec Sergio Blanco – Autofiction théâtrale pour des narcissismes uruguayens @ ENS Ulm, Salle Beckett
Avr 15 @ 20 h 00 min – 22 h 45 min
Rencontre avec Sergio Blanco – Autofiction théâtrale pour des narcissismes uruguayens @ ENS Ulm, Salle Beckett | Paris | Île-de-France | France
Séminaire doctoral pluridisciplinaire “Penser la création contemporaine dans le Cône Sud”
« Autofiction théâtrale pour des narcissismes uruguayens » – Rencontre avec Sergio Blanco

Auteur et metteur en scène de plus d’une dizaine de pièces, représentant de la deuxième génération de théâtre indépendant en Uruguay, Sergio Blanco nous parlera de son travail théâtral, principalement centré sur le mythe et l’autofiction – « un moyen de rendre l’Uruguay un peu plus narcissique » – développé dans des pièces comme Tebas Land, La Ira de Narciso ou El Bramido de Düsseldorf dont nous visionnerons des images.

Installé à Paris depuis de nombreuses années, Sergio Blanco nous parlera aussi de la façon dont il travaille entre deux continents (l’Amérique du Sud et l’Europe) et de la façon dont le théâtre uruguayen cherche à s’intégrer dans des circuits internationaux par le biais de certaines plateformes telles que COMPLOT, un collectif de metteurs en scène dont il fait partie avec Gabriel Calderón, Martin Inthamoussú et Mariana  Percovich.

La rencontre aura lieu en français.

Mai
21
mar
2019
Dernière séance du séminaire Les états du cinéma @ INHA - salle Mariette
Mai 21 @ 14 h 00 min – 17 h 00 min
Dernière séance du séminaire Les états du cinéma @ INHA - salle Mariette | Paris | Île-de-France | France
LES ÉTATS DU CINÉMA, SÉMINAIRE DOCTORAL
Dirigé par Dominique Willoughby

« Les films du retour : une poétique documentaire dans le Chili de l’autoritarisme [1983 – 1989] » par Ignacio Albornoz  (doctorant Université Paris 8, ESTCA)

Les traumatismes liés aux spoliations et crimes de la dictature (1973 – 1989) se manifestent dans le cinéma documentaire chilien selon au moins trois modalités. La première d’entre elles concerne, à grands traits, les films réalisés entre 1983, année de la restructuration des forces partisanes et des premières lueurs d’une mobilisation antidictatoriale organisée (Dabène, 180), et 1989, année du retour à la démocratie.

Frôlant parfois les codes du reportage télévisé et du cinéma direct, les films de cette catégorie cherchent à « montrer des réalités ayant été cachées pendant des années », selon les mots d’Andrés Racz, réalisateur de Douce Patrie (1983). Que ce soit en montrant les affrontements des manifestants avec les forces de l’ordre ou tout simplement en enregistrant les témoignages des principaux leaders des mouvements partisans, dans ces films il s’agit, par conséquent, d’enregistrer in situ, sur le vif, les actions et les paroles des protagonistes d’une résistance qui émerge et commence à prendre forme sur la scène publique.

Ces objets filmiques imposent enfin la question de leur interprétation. Comment approcher en effet ces films hybrides, quelque peu bétonnés et fonctionnels dans leur forme ? Quelle séquence, scène ou plan faut-il en isoler pour la description ? La présente communication cherchera à donner réponse à ces questionnements, prenant appui sur des éléments para-filmiques (titres, entretiens), filmiques et contextuels (circuits de diffusion).

« Des spectres chez Garrel »  par Elcio Basilio (doctorant Université Anhembi Morumbi, Sao Paulo)

Les derniers films de Philippe Garrel sont marqués par une mélancolie angoissante, souvent matérialisée en spectres, parfois dans les rêves, parfois en apparations fantasmagoriques en plein jour. À partir d’extraits de Les amants réguliers (2005) et La frontière de l’aube (2008), on discutera l’influence de ces visions chez les personnages garreliens en rapport à l’amour et au suicide. On verra aussi comment l’onirisme dans Le révélateur (1968) est repris et intégré dans un contexte narratif.

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Oct
31
jeu
2019
Du renversement – Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Oct 31 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Du renversement - Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
« Du renversement » Intervention d’Erik Bullot

À rebours de toute téléologie, l’archéologie des médias a attiré notre attention sur la survivance et le retour des formes et des techniques. L’histoire du cinéma obéit-elle à un principe de renversement temporel ? Est-elle une anagramme ?

En s’appuyant sur des travaux de recherche personnels autour d’une histoire virtuelle des relations de l’art et du cinéma et d’une étude sur Raymond Roussel et le cinéma, cette séance du séminaire s’attachera à instruire plus particulièrement la notion de remédiation rétrograde. Proposée par Jay David Bolter et Richard Grusin dans leur ouvrage Remediation. Understanding New Media, reprise et développée par Pavle Levi dans Cinema by Other Means, la remédiation rétrograde désigne le fait pour un médium ancien de traduire ou d’imiter les possibilités offertes par un médium plus récent.

Marguerite Vappereau donnera la réplique à Erik Bullot.

Séance dans le cadre du séminaire inter-universitaire Théâtres de la mémoire.

Nov
28
jeu
2019
Filmer l'(im)possible : les temps à venir d’Alexander Kluge @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Nov 28 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Filmer l'(im)possible : les temps à venir d'Alexander Kluge @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
« Filmer l'(im)possible : les temps à venir d’Alexander Kluge » Maguelone Loublier (Université du Mans/ESTCA) avec Christa Blümlinger (répondante)

Il s’agira de penser la tension entre possible et impossible dans les films-essais d’Alexander Kluge. Dans son œuvre cinématographique, Kluge ne cherche ni à répéter ni à imiter le réel, mais le représente autrement, en faisant advenir dans l’image et dans les mots les puissances du possible. A partir de l’analyse du possible comme « catégorie esthétique » (Deleuze/Guattari), nous verrons comment les films de Kluge représentent le possible pour donner de l’élan au réel, pour y créer du possible et faire surgir l’imprévisible et l’impossible. En entrelaçant les temporalités, en tissant fiction et histoire, Kluge imagine d’autres possibilités et crée de l’impossible ; il offre ainsi au cinéma un « récit au subjonctif », qui échappe à la narration au présent et à l’imparfait.

Normalienne, agrégée d’allemand, Maguelone Loublier est actuellement ATER à l’Université du Mans. Elle a soutenu une thèse en études cinématographiques à Paris 8 et à la Goethe-Universität (Francfort-sur-le-Main) sur les manifestations de la voix dans l’oeuvre d’Alexander Kluge : « Variations et métamorphoses. Une voix allemande: Alexander Kluge ».

Elle a publié : « L’ombre d’une corne de taureau ou le conte de l’Enfant obstiné chez Alexander Kluge » (Germanica, 61, 2017), « Eine gespenstische Stimme geht um in Alexander Kluges Filmen » (Alexander-Kluge-Jahrbuch, 5, 2018) et « Le film-essai: quand le je-ne-sais-quoi de la voix et le presque-rien du silence ponctuent l’image (Godard, Marker, Kluge) » (Voix et silence dans les arts: passages, poïèsis et performativité, 2019).

Séance dans le cadre du séminaire inter-universitaire Théâtres de la mémoire.

Jan
30
jeu
2020
The time of this story is the future – Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Jan 30 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
The time of this story is the future - Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
« « The time of this story is the future ». Du bon usage de l’anticipation pour faire émerger la conscience des crimes de masse » Ophir Lévy (Paris 8/ESTCA) avec Sylvie Lindeperg (répondante)

Dans la proximité immédiate avec des faits génocidaires, il arrive que la fable cinématographique se conjugue au futur, comme s’il s’agissait de s’accorder, par cette distance artificielle, le recul nécessaire à l’appréhension d’un événement qui déborde l’entendement. L’exemple le plus emblématique d’une telle démarche est sans doute None Shall Escape d’André de Toth, film tourné en octobre 1943 et sorti en février 1944, qui s’ouvre sur ces mots : « The time of this story is the future. The war is over » et qui imagine l’hypothétique procès d’un criminel de guerre jugé devant le « Tribunal International du district de Varsovie ». Alors même qu’Auschwitz fonctionne à plein régime, ce film est le premier à évoquer frontalement le sort des Juifs dans une Europe sous domination nazie.

En revenant sur la genèse de None Shall Escape, mais également en sollicitant d’autres exemples tirés aussi bien de la littérature de la fin du XIXe siècle que des dramatiques radio de l’immédiat après-guerre, nous voudrions interroger cet enchevêtrement des temporalités si caractéristique des récits marqués par la mémoire du génocide et nous demander quelles pourraient être les vertus épistémologiques d’une telle projection de l’actualité dans l’avenir.

Ophir Levy est maître de conférences en études cinématographiques à l’université Paris 8 – Vincennes – Saint-Denis. Sa thèse consacrée à la migration des images d’archives de la déportation et à l’empreinte souterraine de la mémoire de la Shoah dans le cinéma contemporain (sous la dir. de Sylvie Lindeperg, université Paris 1 – « Prix de la Recherche » de l’Inathèque en 2014) a donné lieu à la publication de l’ouvrage Images clandestines. Métamorphoses d’une mémoire visuelle des « camps » (Hermann, 2016). Il est également l’auteur de Penser l’humain à l’aune de la douleur. Philosophie, histoire, médecine. 1845-1945 (L’Harmattan, 2009).

Séance dans le cadre du séminaire inter-universitaire Théâtres de la mémoire.

Fév
13
jeu
2020
Les images des barricades – Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Fév 13 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Les images des barricades - Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
« Les images des barricades » Jennifer Wild (université de Chicago) avec Arno Gisinger (répondant)

La communication de Jennifer Wild portera sur des dimensions politiques et matérielles d’un devenir temporel de la photographie.

Elle s’interrogera sur la capacité de « reconnaissance radicale » qu’a l’image photographique à l’égard des sujets marginaux, opprimés ou « subalternes ». C’est à partir des photographies des barricades de la Commune de Paris (1871) que sera menée l’enquête historique sur les révolutions politiques, culturelles et artistiques, à travers la photographie, le cinéma et les arts.

Les photographies des barricades constituent, d’une part, les traces historiques d’une insurrection passée et de la résistance « performative » des citoyens. Mais elles constituent aussi le fonds à partir duquel explorer les esthétiques, politiques et matérielles, que permet la « nouvelle » photographie (circa 1871). D’autre part, ces photographies font également de l’image des barricades un ensemble figural ou une forme qui réunit soulèvement populaire et stratégies matérielles. A la demande de reconnaissance sociale et politique, cette combinaison associe surtout une demande de visibilité.

L’idée centrale de cette intervention est que la barricade offre un point de vue alternatif permettant d’examiner les formes photographiques et filmiques ultérieures. Celles-ci mettent en relief la matérialité de la photographie, à la fois en termes de longue durée (de la politique esthétique de l’image) et comme capacité de la photographie à libérer les sujets photographiques de leur position culturelle subordonnée, afin qu’ils puissent être reconnus dans leur intégrité et leur humanité. Cela met en lumière le fait qu’ont été sous-estimées les relations du médium photographique avec l’Histoire comme avec la fonction historique de l’esthétique politique de l’image.

Jennifer Wild, Professeure dans les deux départements de Cinema & Media Studies et Romance Languages & Literatures à L’Université de Chicago, est l’auteure du livre The Parisian Avant-Garde in the Age of Cinema (University of California Press, 2015).

Arno Gisinger, Maître de conférences au département de photographie (UFR Arts, Philosophie, Esthétique) à l’Université Paris 8, est photographe, plasticien et historien.

Séance dans le cadre du séminaire inter-universitaire Théâtres de la mémoire.

Mar
12
jeu
2020
Trump, un film d’Amérique – Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Mar 12 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Trump, un film d’Amérique - Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
« Trump, un film d’Amérique » Dork Zabunyan (ESTCA) avec Matthias Steinle (répondant, Sorbonne nouvelle – Paris 3)

Après discussion à propos de la consigne « le 5 mars, l’université s’arrête », il a été décidé de maintenir la séance du jeudi 12 mars. Dans le contexte actuel de mobilisation contre le projet de la réforme de l’université (LPPR), il nous a semblé important de poursuivre une réflexion qui cherche à aiguiser, avec le cinéma, des outils d’analyse pour comprendre et éventuellement avoir prise sur notre histoire contemporaine.

À cette décision, Dork Zabunyan aimerait ajouter ceci, en lien avec le sujet de son intervention : « La LPPR est triste, Trump est archi-triste. Et ce serait encore plus triste de ne pas échanger sur l’une comme sur l’autre dans le cadre d’un séminaire qui se veut critique et qui existe depuis 17 ans malgré toutes les contraintes économiques ».

L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d’Amérique a bouleversé les modes de représentation fictionnels du pouvoir politique au cinéma comme à la télévision. Les scénaristes de Hollywood sont en crise et les showrunners de séries télévisées sont aux abois : le 45e président  américain ne ressemble à aucun autre, et il rend obsolète la figure même du « leader du monde libre ».

Plusieurs questionnements qui engagent l’avenir de la création cinématographique accompagnent cette crise de la fiction à l’ère de Trump : un biopic de l’actuel président américain qui ne tomberait pas dans l’écueil du bêtisier est-il possible ? Si une caricature de la caricature est contre-productive d’un point de vue critique, quelles puissances d’expression le cinéma peut-il mobiliser pour dénoncer le fascisme mêlé de bouffonerie de Trump ? La fiction historique peut-elle se prévaloir de faire le « procès » du président américain, comme Hans J. Syberberg s’était proposé de réaliser, avec les moyens du cinéma, le « procès de Hitler » (dans Hitler, un film d’Allemagne, 1977) ? Peut-on esquisser au final les contre-images de Trump qui resteront dans nos mémoires ? Et ces contre-images pourront-elles constituer à leur tour le contrepoint d’un individu dont l’action politique annule le passé et méprise l’Histoire ?

Dork Zabunyan est professeur en cinéma à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Deux de ses ouvrages ont été récemment traduits en anglais : Foucault at the Movies (avec P. Maniglier, Columbia UP, 2018, trad. Clare O’Farrell) et The Insistence of Struggle (IF Publications, 2019, trad. Stefan Tarnowski). Il prépare actuellement un essai sur les images de Donald Trump.

Séance dans le cadre du séminaire inter-universitaire Théâtres de la mémoire.