FĂ©v
7
mer
2018
Marc Cerisuelo : Chiasme chez Godard @ INHA - salle Fabri de Peiresc
FĂ©v 7 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Marc Cerisuelo : Chiasme chez Godard @ INHA - salle Fabri de Peiresc | Paris | Île-de-France | France
Marc Cerisuelo : Chiasme chez Godard
SĂ©minaire interuniversitaire sur la critique

« Il ne faut pas vivre pour manger mais manger pour vivre ». Qu’il le respecte ou non,  chacun connaĂźt l’adage et mĂȘme la figure de style qui renverse (ou remet Ă  l’endroit) les liens de causalitĂ© dans un Ă©noncĂ© : il s’agit du chiasme, ou rĂ©version, ou encore antimĂ©tabole
Jean-Luc Godard en usa et (peut-ĂȘtre) en abusa dans le dialogue de ses films, dans ses cartons ou incrustations, voire dans l’agencement de ses plans ; mais surtout et avant tout dans ses textes critiques. Figure de la rĂ©invention et de la contradiction, du retournement et de la « remise en place », le chiasme se rĂ©vĂšle un instrument opĂ©ratoire, un outil de la pensĂ©e en acte, une arme de la critique – la fondation du godardisme.
Je voudrais donner Ă  lire certaines de ces saillies d’auteur, intĂ©ressantes pour et par elles-mĂȘmes, mais aussi en les contextualisant. En « interne », comme on peut s’y attendre, c’est-Ă -dire en rĂ©fĂ©rence Ă  l’époque, aux revues (les Cahiers du cinĂ©ma et Arts) et au sein mĂȘme du discours critique, « mondain » ou « professionnel » ; mais aussi, et d’ailleurs en premier lieu, Ă  l’intĂ©rieur de l’histoire de la figure, en rhĂ©torique comme en philosophie – car la chiasme vient de loin et frappe toujours juste. Il appelle d’ailleurs Ă  la modestie : ce ne sera pas une confĂ©rence juste, mais juste une confĂ©rence.
Marc Cerisuelo est professeur Ă  l’universitĂ© Paris-Est Marne-la-VallĂ©e.

Mar
14
mer
2018
Sam Di Iorio : Les adieux du Mac-Mahonisme @ INHA - salle Fabri de Peiresc
Mar 14 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Sam Di Iorio : Les adieux du Mac-Mahonisme @ INHA - salle Fabri de Peiresc | Paris | Île-de-France | France
Les adieux du Mac-Mahonisme

SĂ©minaire interuniversitaire sur la critique
Di Iorio (Hunter College, CUNY New York)
Il s’agit de retracer l’Ă©volution de l’esthĂ©tique mac-mahonienne en se concentrant sur les Ă©crits de Michel Mourlet et de Jacques Lourcelles. Puis de revenir notamment sur la brouille avec la rĂ©daction des Cahiers du cinĂ©ma Ă  la fin des annĂ©es cinquante, sur la place des Mac-Mahoniens dans les dĂ©bats sur la modernitĂ© cinĂ©matographique, et sur « Journal de 1966, » le long texte que Lourcelles fait paraĂźtre dans le dernier numĂ©ro de PrĂ©sence de CinĂ©ma. Voici donc approchĂ© le chant du cygne de ce que certains nommĂšrent, au cours des vives polĂ©miques d’une Ă©poque Ă©minemment politique, la « critique fasciste de cinĂ©ma ».
Mai
23
mer
2018
Eric Rohmer’s Film Theory (1948-1953) @ INHA - salle Mariette
Mai 23 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Eric Rohmer’s Film Theory (1948-1953) @ INHA - salle Mariette | Paris | Île-de-France | France

SĂ©minaire Inter-universitaire sur la critique
Eric Rohmer’s Film Theory (1948-1953)
Conférence de Marco Grosoli (Habib Université)

Eric Rohmer’s Film Theory (1948-1953) : from â€˜Ă©cole SchĂ©rer’ to ‘Politique des auteurs’, qui vient d’ĂȘtre publiĂ© par Amsterdam University Press, est le premier de deux livres consacrĂ©s Ă  une relecture radicale de la politique des auteurs, s’appuyant sur des centaines de textes (gĂ©nĂ©ralement pas trĂšs lus) Ă©crits par les « jeunes turcs » principalement sur les Cahiers et sur Arts. Il se concentre notamment sur sa toute premiĂšre phase, quand le groupe se forma autour d’Eric Rohmer, dont la conception du cinĂ©ma venait justement de se cristalliser (selon l’avis de Rohmer lui-mĂȘme) vers 1950 tout en exerçant une influence capitale sur les autres jeunes critiques.

Cette confĂ©rence prĂ©sentera le livre en abordant un de ses aspects en particulier, Ă  savoir le rejet, de la part de Rohmer, de l’existentialisme sartrien qui l’avait marquĂ© au dĂ©but, pour adopter une perspective (surtout) kantienne. C’est autour de ce rejet que se formera l’« Ă©cole SchĂ©rer » (comme la baptisa Pierre Kast), dont les premiers pas seront dĂ©crits pendant la confĂ©rence tout en traçant le contour de ce « big bang » Ă  l’origine de l’« Ă©cole SchĂ©rer » (et ensuite de la politique des auteurs elle-mĂȘme) qu’on peut aussi appeler, de façon quelque peu Ă©nigmatique mais au demeurant trĂšs convenable, « l’achĂšvement de la camĂ©ra-stylo ».

DĂ©c
11
mar
2018
Esthétique et politique du passage de la période de la Stagnation à la Perestroïka en URSS : compte à rebours @ Institut National d'Histoire de l'Art
DĂ©c 11 @ 16 h 00 min – 18 h 00 min
Esthétique et politique du passage de la période de la Stagnation à la Perestroïka en URSS : compte à rebours
avec Olga Kobryn (Paris 3, Université de Lorraine Metz), Eugenie Zvonkine (Paris 8) / discussion avec Birgit Beumers (Aberystwyth University)

SĂ©ance dans le cadre du sĂ©minaire de recherche en histoire et esthĂ©tique du cinĂ©ma « RĂ©gimes d’historicitĂ© dans le cinĂ©ma des annĂ©es 1960 Ă  nos jours : crises de temps, traces, (re)construction ».

Assa (1987) est un film rĂ©alisĂ© par SergueĂŻ Soloviov peu de temps avant la chute du mur de Berlin (1989) et la dislocation de l’URSS (1991), en pleine pĂ©riode politique de la PerestroĂŻka et au tout dĂ©but de la glastnost. Devenu culte, ce vĂ©ritable manifeste politique et esthĂ©tique rĂ©unit pour la premiĂšre fois sur grand Ă©cran et rend « visibles » l’ensemble des artistes de la culture « underground », principalement issus du milieu bohĂ©mien saint- pĂ©tersbourgeois et moscovite (milieu Rock, conceptualisme de Moscou, mouvement AptArt – « apartment art », cinĂ©ma expĂ©rimental). Si le film se construit sur des Ă©lĂ©ments documentaires et historiques, un grand nombre d’anachronismes (Ă©vocation de l’histoire de la Russie du dĂ©but du XIXĂšme siĂšcle, rĂ©fĂ©rences au cinĂ©ma expĂ©rimental des annĂ©es 1950 – 1960, prĂ©sence des Ă©lĂ©ments historiquement postĂ©rieurs Ă  l’action du film qui se dĂ©roule en 1980) complexifient le rapport Ă  l’Histoire et soulĂšvent la question de la stratification et de la « crise de temps » dĂ©finie comme tension et distance entre le champ d’expĂ©rience et l’horizon d’attente (Hartog). Loin de reprĂ©senter un simple symptĂŽme de l’« Ă©poque des changements », Assa participe Ă  la rĂ©Ă©criture du rĂ©gime historique dominant et Ă  la construction d’un nouveau rĂ©gime d’historicitĂ©.

Leto de Kirill Serebrennikov, qui sort le 5 dĂ©cembre en France, dialogue Ă  son tour avec Assa et d’autres films des annĂ©es 1980 dans un rapport intertextuel serrĂ© et inventif et s’éloigne du biopic, proposant Ă  son tour un nouveau rĂ©gime d’historicitĂ©.

→ Consulter le programme du sĂ©minaire

Jan
15
mar
2019
Approches du mouvement dans les films de Marie Menken @ INHA - salle Mariette
Jan 15 @ 14 h 00 min – 17 h 00 min
Approches du mouvement dans les films de Marie Menken @ INHA - salle Mariette | Paris | Île-de-France | France
LES ÉTATS DU CINÉMA, SÉMINAIRE DOCTORAL
Dirigé par Dominique Willoughby

« Approches du mouvement dans les films de Marie Menken : entre caméra somatique et cinéma poétique », par Bårbara Janicas (doctorante ESTCA, Paris 8) et Stéphanie Herfeld (chercheuse, Paris-Ouest-Nanterre).

Dans les films que Marie Menken rĂ©alisa camĂ©ra Ă  bout de bras, en investissant son regard et son corps dans une exploration jouissive du monde, nous avons affaire Ă  des images abstraites qui, par leur caractĂšre de mobilitĂ© et spontanĂ©itĂ©, crĂ©ent des vĂ©ritables poĂšmes visuels et rythmiques suscitant des expĂ©riences du mouvement proches de la danse. En privilĂ©giant la dimension somatique et matĂ©rielle du travail de Menken, cette sĂ©ance propose d’aborder ses films comme le domaine d’expĂ©rimentation d’un autre cinĂ©ma poĂ©tique au sein de l’avant-garde amĂ©ricaine, anticipant Ă©galement certaines pratiques de la cinĂ©-danse qui Ă©mergea en tant que genre filmique entre les annĂ©es 1940 et 1970.

Intervention de BĂĄrbara Janicas : Cette communication propose d’aborder le cinĂ©ma de Marie Menken, souvent rapprochĂ© de la peinture et parfois aussi de la danse, comme le domaine d’affirmation d’un autre cinĂ©ma poĂ©tique « matĂ©rialiste » au sein de l’avant-garde amĂ©ricaine des annĂ©es 1940-1970. En privilĂ©giant la dimension expĂ©rientielle et matĂ©rielle de son travail avec le support filmique, nous allons montrer que la poĂ©sie des films de Menken tient moins au modĂšle lyrique cĂ©lĂ©brĂ© Ă  l’époque par Maya Deren, qu’à l’idĂ©e du « cinĂ©-poĂšme » vĂ©hiculĂ©e par les avant-gardes des annĂ©es 1920. En nous appuyant sur les tĂ©moignages de Stan Brakhage et Jonas Mekas, qui furent les premiers Ă  louer la capacitĂ© de Menken Ă  traduire la rĂ©alitĂ© filmĂ©e en « poĂ©sie d’images vibrantes de mouvement », nous allons essayer de montrer comment sa pratique filmique expĂ©rimentale invite Ă  l’expĂ©rience somatique d’une forme d’expression poĂ©tique des objets, de la lumiĂšre, et du corps-mobile invisible derriĂšre l’appareil.

Intervention de StĂ©phanie Herfeld (invitĂ©e) : L’originalitĂ© du parcours de Marie Menken permet un passage entre plusieurs pratiques artistiques, de la peinture abstraite au cinĂ©ma expĂ©rimental Ă  l’art performatif. Et l’économie modeste et intime de ses travaux explique sans doute la libertĂ© et la nouveautĂ© de ses gestes. DĂšs lors, si l’on approche ses films au pri