Jan
17
mer
2018
Rencontre avec Benedikt Reichenbach @ INHA - salle Fabri de Peiresc
Jan 17 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Rencontre avec Benedikt Reichenbach @ INHA - salle Fabri de Peiresc | Paris | Île-de-France | France

Rencontre avec Benedikt Reichenbach

À l’occasion de la rĂ©Ă©dition en anglais de l’ouvrage de Michele Mancini et Giuseppe Perrella Pier Paolo Pasolini, corpi e luoghi (premiĂšre Ă©dition : Theorema, 1981) qu’il a dirigĂ©e.

Discussions autour du livre avec Cécile Sorin (Paris 8), Anne-Violaine Houcke (Paris Nanterre), Giovanni Careri (Ehess), et Hervé Joubert-Laurencin (Paris Nanterre-Ehess).

Corpi e luoghi est un livre exceptionnel connu de ceux qui Ă©tudient l’Ɠuvre de Pasolini pour la richesse de son iconographie, puisque sa premiĂšre Ă©dition dit contenir 1802 photogrammes sĂ©lectionnĂ©s dans l’intĂ©gralitĂ© de ses films, rĂ©pertoriĂ©s et classĂ©s dans des chapitres briĂšvement prĂ©sentĂ©s et justifiĂ©s par les deux auteurs, critiques de cinĂ©ma.

Michele Mancini et Giuseppe Perella, qui avaient Ă©galement organisĂ© divers expositions de ces images rendant compte de l’Ɠuvre de Pasolini quelques annĂ©es aprĂšs sa mort, entendaient faire Ɠuvre de critique de cinĂ©ma Ă  travers l’iconographie et l’édition, et tenir un discours sur l’Ɠuvre filmique qui serait Ă  la hauteur du sĂ©rieux anthropologique dont avait fait preuve Pasolini dans le choix des Corps et des Lieux.

FĂ©v
7
mer
2018
Marc Cerisuelo : Chiasme chez Godard @ INHA - salle Fabri de Peiresc
FĂ©v 7 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Marc Cerisuelo : Chiasme chez Godard @ INHA - salle Fabri de Peiresc | Paris | Île-de-France | France
Marc Cerisuelo : Chiasme chez Godard
SĂ©minaire interuniversitaire sur la critique

« Il ne faut pas vivre pour manger mais manger pour vivre ». Qu’il le respecte ou non,  chacun connaĂźt l’adage et mĂȘme la figure de style qui renverse (ou remet Ă  l’endroit) les liens de causalitĂ© dans un Ă©noncĂ© : il s’agit du chiasme, ou rĂ©version, ou encore antimĂ©tabole
Jean-Luc Godard en usa et (peut-ĂȘtre) en abusa dans le dialogue de ses films, dans ses cartons ou incrustations, voire dans l’agencement de ses plans ; mais surtout et avant tout dans ses textes critiques. Figure de la rĂ©invention et de la contradiction, du retournement et de la « remise en place », le chiasme se rĂ©vĂšle un instrument opĂ©ratoire, un outil de la pensĂ©e en acte, une arme de la critique – la fondation du godardisme.
Je voudrais donner Ă  lire certaines de ces saillies d’auteur, intĂ©ressantes pour et par elles-mĂȘmes, mais aussi en les contextualisant. En « interne », comme on peut s’y attendre, c’est-Ă -dire en rĂ©fĂ©rence Ă  l’époque, aux revues (les Cahiers du cinĂ©ma et Arts) et au sein mĂȘme du discours critique, « mondain » ou « professionnel » ; mais aussi, et d’ailleurs en premier lieu, Ă  l’intĂ©rieur de l’histoire de la figure, en rhĂ©torique comme en philosophie – car la chiasme vient de loin et frappe toujours juste. Il appelle d’ailleurs Ă  la modestie : ce ne sera pas une confĂ©rence juste, mais juste une confĂ©rence.
Marc Cerisuelo est professeur Ă  l’universitĂ© Paris-Est Marne-la-VallĂ©e.

Mar
14
mer
2018
Sam Di Iorio : Les adieux du Mac-Mahonisme @ INHA - salle Fabri de Peiresc
Mar 14 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Sam Di Iorio : Les adieux du Mac-Mahonisme @ INHA - salle Fabri de Peiresc | Paris | Île-de-France | France
Les adieux du Mac-Mahonisme

SĂ©minaire interuniversitaire sur la critique
Di Iorio (Hunter College, CUNY New York)
Il s’agit de retracer l’Ă©volution de l’esthĂ©tique mac-mahonienne en se concentrant sur les Ă©crits de Michel Mourlet et de Jacques Lourcelles. Puis de revenir notamment sur la brouille avec la rĂ©daction des Cahiers du cinĂ©ma Ă  la fin des annĂ©es cinquante, sur la place des Mac-Mahoniens dans les dĂ©bats sur la modernitĂ© cinĂ©matographique, et sur « Journal de 1966, » le long texte que Lourcelles fait paraĂźtre dans le dernier numĂ©ro de PrĂ©sence de CinĂ©ma. Voici donc approchĂ© le chant du cygne de ce que certains nommĂšrent, au cours des vives polĂ©miques d’une Ă©poque Ă©minemment politique, la « critique fasciste de cinĂ©ma ».
Mai
23
mer
2018
Eric Rohmer’s Film Theory (1948-1953) @ INHA - salle Mariette
Mai 23 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Eric Rohmer’s Film Theory (1948-1953) @ INHA - salle Mariette | Paris | Île-de-France | France

SĂ©minaire Inter-universitaire sur la critique
Eric Rohmer’s Film Theory (1948-1953)
Conférence de Marco Grosoli (Habib Université)

Eric Rohmer’s Film Theory (1948-1953) : from â€˜Ă©cole SchĂ©rer’ to ‘Politique des auteurs’, qui vient d’ĂȘtre publiĂ© par Amsterdam University Press, est le premier de deux livres consacrĂ©s Ă  une relecture radicale de la politique des auteurs, s’appuyant sur des centaines de textes (gĂ©nĂ©ralement pas trĂšs lus) Ă©crits par les « jeunes turcs » principalement sur les Cahiers et sur Arts. Il se concentre notamment sur sa toute premiĂšre phase, quand le groupe se forma autour d’Eric Rohmer, dont la conception du cinĂ©ma venait justement de se cristalliser (selon l’avis de Rohmer lui-mĂȘme) vers 1950 tout en exerçant une influence capitale sur les autres jeunes critiques.

Cette confĂ©rence prĂ©sentera le livre en abordant un de ses aspects en particulier, Ă  savoir le rejet, de la part de Rohmer, de l’existentialisme sartrien qui l’avait marquĂ© au dĂ©but, pour adopter une perspective (surtout) kantienne. C’est autour de ce rejet que se formera l’« Ă©cole SchĂ©rer » (comme la baptisa Pierre Kast), dont les premiers pas seront dĂ©crits pendant la confĂ©rence tout en traçant le contour de ce « big bang » Ă  l’origine de l’« Ă©cole SchĂ©rer » (et ensuite de la politique des auteurs elle-mĂȘme) qu’on peut aussi appeler, de façon quelque peu Ă©nigmatique mais au demeurant trĂšs convenable, « l’achĂšvement de la camĂ©ra-stylo ».

Oct
24
mer
2018
Enjeux analytiques de la représentation des luttes populaires @ ENS, Salle Assia Djebar
Oct 24 @ 18 h 15 min – 20 h 15 min
Enjeux analytiques de la reprĂ©sentation des luttes populaires @ ENS, Salle Assia Djebar | Paris | Île-de-France | France
SĂ©minaire inter-universitaire sur la critique

« Enjeux analytiques de la représentation des luttes populaires au sein des Cahiers du Cinéma dans les années soixante-dix » par Frédéric Chandelier (Université de Nanterre)

Cette intervention revient sur les arguments critiques dĂ©veloppĂ©s dans les Cahiers du CinĂ©ma au cours des annĂ©es soixante-dix Ă  propos de la reprĂ©sentation des luttes.  La conception de l’Histoire et de la mĂ©moire des minoritĂ©s par l’idĂ©ologie bourgeoise implique alors une redĂ©finition de l’analyse filmique axĂ©e sur la rĂ©cupĂ©ration des rĂ©voltes par l’État. En 1974 Michel Foucault est invitĂ© Ă  commenter les mutations esthĂ©tiques impliquant l’identification du spectateur. Retour sur les implications critiques de l’analyse filmique Ă©laborĂ©e par Serge Daney et la rĂ©daction de la revue afin d’intervenir sur l’éthique des fictions et des documentaires traitant de l’histoire des masses populaires.

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DĂ©c
5
mer
2018
SĂ©ance exceptionnelle autour de Textes critiques de Jacques Rivette @ INHA, salle Fabri de Peiresc
DĂ©c 5 @ 19 h 00 min – 20 h 00 min
SĂ©ance exceptionnelle autour de Textes critiques de Jacques Rivette @ INHA, salle Fabri de Peiresc | Paris | Île-de-France | France
SÉMINAIRE INTER-UNIVERSITAIRE SUR LA CRITIQUE

Séance autour de Textes critiques de Jacques Rivette, avec Véronique Rivette, Michel Armas, Luc Chessel, Jacques Bontemps et Jean Narboni

Cette sĂ©ance exceptionnelle du sĂ©minaire IDEC (Institut D’Etudes Critiques) sera consacrĂ©e Ă  l’édition tant attendue des Textes critiques de Jacques Rivette, publiĂ©e chez Post-Ă©ditions le 21 novembre.

Nous aurons le grand plaisir d’accueillir VĂ©ronique Rivette accompagnĂ©e des editors Miguel Armas et Luc Chessel, ainsi que Jacques Bontemps et Jean Narboni, anciens des Cahiers du cinĂ©ma « époque Rivette » (1964-1969). Ils apporteront leur tĂ©moignage aprĂšs la prĂ©sentation et ouvriront le dĂ©bat Ă  propos du critique de cinĂ©ma qui fut d’abord considĂ©rĂ© en son temps (les annĂ©es 1950) et par ses pairs (Ă  commencer par Jean-Luc Godard) comme la principale autoritĂ© au sein du groupe des Cahiers du cinĂ©ma.

La proximitĂ© du cinĂ©aste de Paris nous appartient avec la jeune gĂ©nĂ©ration du milieu des annĂ©es 1960 et sa grande curiositĂ© intellectuelle vont ensuite profondĂ©ment renouveler le geste critique au sein d’une revue qui a changĂ© de direction (Rivette a remplacĂ© Rohmer ), de format (nous sommes passĂ©s fin 1964 de la  revue  « jaune » aux Cahiers « Filipacchi ») et certains de ses intĂ©rĂȘts (les « nouveaux cinĂ©mas ») tout en conservant sa ligne et son aura.

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DĂ©c
11
mar
2018
Esthétique et politique du passage de la période de la Stagnation à la Perestroïka en URSS : compte à rebours @ Institut National d'Histoire de l'Art
DĂ©c 11 @ 16 h 00 min – 18 h 00 min
Esthétique et politique du passage de la période de la Stagnation à la Perestroïka en URSS : compte à rebours
avec Olga Kobryn (Paris 3, Université de Lorraine Metz), Eugenie Zvonkine (Paris 8) / discussion avec Birgit Beumers (Aberystwyth University)

SĂ©ance dans le cadre du sĂ©minaire de recherche en histoire et esthĂ©tique du cinĂ©ma « RĂ©gimes d’historicitĂ© dans le cinĂ©ma des annĂ©es 1960 Ă  nos jours : crises de temps, traces, (re)construction ».

Assa (1987) est un film rĂ©alisĂ© par SergueĂŻ Soloviov peu de temps avant la chute du mur de Berlin (1989) et la dislocation de l’URSS (1991), en pleine pĂ©riode politique de la PerestroĂŻka et au tout dĂ©but de la glastnost. Devenu culte, ce vĂ©ritable manifeste politique et esthĂ©tique rĂ©unit pour la premiĂšre fois sur grand Ă©cran et rend « visibles » l’ensemble des artistes de la culture « underground », principalement issus du milieu bohĂ©mien saint- pĂ©tersbourgeois et moscovite (milieu Rock, conceptualisme de Moscou, mouvement AptArt – « apartment art », cinĂ©ma expĂ©rimental). Si le film se construit sur des Ă©lĂ©ments documentaires et historiques, un grand nombre d’anachronismes (Ă©vocation de l’histoire de la Russie du dĂ©but du XIXĂšme siĂšcle, rĂ©fĂ©rences au cinĂ©ma expĂ©rimental des annĂ©es 1950 – 1960, prĂ©sence des Ă©lĂ©ments historiquement postĂ©rieurs Ă  l’action du film qui se dĂ©roule en 1980) complexifient le rapport Ă  l’Histoire et soulĂšvent la question de la stratification et de la « crise de temps » dĂ©finie comme tension et distance entre le champ d’expĂ©rience et l’horizon d’attente (Hartog). Loin de reprĂ©senter un simple symptĂŽme de l’« Ă©poque des changements », Assa participe Ă  la rĂ©Ă©criture du rĂ©gime historique dominant et Ă  la construction d’un nouveau rĂ©gime d’historicitĂ©.

Leto de Kirill Serebrennikov, qui sort le 5 dĂ©cembre en France, dialogue Ă  son tour avec Assa et d’autres films des annĂ©es 1980 dans un rapport intertextuel serrĂ© et inventif et s’éloigne du biopic, proposant Ă  son tour un nouveau rĂ©gime d’historicitĂ©.

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Jan
15
mar
2019
Approches du mouvement dans les films de Marie Menken @ INHA - salle Mariette
Jan 15 @ 14 h 00 min – 17 h 00 min
Approches du mouvement dans les films de Marie Menken @ INHA - salle Mariette | Paris | Île-de-France | France
LES ÉTATS DU CINÉMA, SÉMINAIRE DOCTORAL
Dirigé par Dominique Willoughby

« Approches du mouvement dans les films de Marie Menken : entre caméra somatique et cinéma poétique », par Bårbara Janicas (doctorante ESTCA, Paris 8) et Stéphanie Herfeld (chercheuse, Paris-Ouest-Nanterre).

Dans les films que Marie Menken rĂ©alisa camĂ©ra Ă  bout de bras, en investissant son regard et son corps dans une exploration jouissive du monde, nous avons affaire Ă  des images abstraites qui, par leur caractĂšre de mobilitĂ© et spontanĂ©itĂ©, crĂ©ent des vĂ©ritables poĂšmes visuels et rythmiques suscitant des expĂ©riences du mouvement proches de la danse. En privilĂ©giant la dimension somatique et matĂ©rielle du travail de Menken, cette sĂ©ance propose d’aborder ses films comme le domaine d’expĂ©rimentation d’un autre cinĂ©ma poĂ©tique au sein de l’avant-garde amĂ©ricaine, anticipant Ă©galement certaines pratiques de la cinĂ©-danse qui Ă©mergea en tant que genre filmique entre les annĂ©es 1940 et 1970.

Intervention de BĂĄrbara Janicas : Cette communication propose d’aborder le cinĂ©ma de Marie Menken, souvent rapprochĂ© de la peinture et parfois aussi de la danse, comme le domaine d’affirmation d’un autre cinĂ©ma poĂ©tique « matĂ©rialiste » au sein de l’avant-garde amĂ©ricaine des annĂ©es 1940-1970. En privilĂ©giant la dimension expĂ©rientielle et matĂ©rielle de son travail avec le support filmique, nous allons montrer que la poĂ©sie des films de Menken tient moins au modĂšle lyrique cĂ©lĂ©brĂ© Ă  l’époque par Maya Deren, qu’à l’idĂ©e du « cinĂ©-poĂšme » vĂ©hiculĂ©e par les avant-gardes des annĂ©es 1920. En nous appuyant sur les tĂ©moignages de Stan Brakhage et Jonas Mekas, qui furent les premiers Ă  louer la capacitĂ© de Menken Ă  traduire la rĂ©alitĂ© filmĂ©e en « poĂ©sie d’images vibrantes de mouvement », nous allons essayer de montrer comment sa pratique filmique expĂ©rimentale invite Ă  l’expĂ©rience somatique d’une forme d’expression poĂ©tique des objets, de la lumiĂšre, et du corps-mobile invisible derriĂšre l’appareil.

Intervention de StĂ©phanie Herfeld (invitĂ©e) : L’originalitĂ© du parcours de Marie Menken permet un passage entre plusieurs pratiques artistiques, de la peinture abstraite au cinĂ©ma expĂ©rimental Ă  l’art performatif. Et l’économie modeste et intime de ses travaux explique sans doute la libertĂ© et la nouveautĂ© de ses gestes. DĂšs lors, si l’on approche ses films au prisme de la pensĂ©e de Gilles Deleuze, on peut non seulement rĂ©affirmer les enjeux de l’Image-mouvement, mais surtout penser l’expĂ©rimental, ainsi que le lien entre les gestes de l’Image-temps et la crĂ©ation de pensĂ©e.  Ce qui indique une richesse  encore peu explorĂ©e de sa production visuelle.

 

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Jan
30
mer
2019
SĂ©ance autour de Jean-Claude Biette @ INHA, salle Fabri de Peiresc
Jan 30 @ 18 h 00 min – 19 h 00 min
SĂ©ance autour de Jean-Claude Biette @ INHA, salle Fabri de Peiresc | Paris | Île-de-France | France
SÉMINAIRE INTER-UNIVERSITAIRE SUR LA CRITIQUE

L’ouvrage collectif Jean-Claude Biette, appunti et contrappunti  (dir. P. EugĂšne, H. Joubert-Laurencin, P. Fauvel, Éd. De L’incidence, 2018), qui sera prĂ©sentĂ© Ă  cette sĂ©ance, s’attache Ă  la figure d’un cinĂ©aste et Ă©crivain de cinĂ©ma discret et peu connu, aux apports esthĂ©tiques et thĂ©oriques pourtant inestimables.

Ami de Serge Daney et membre fondateur de la revue Trafic (dont il a trouvĂ© le titre), traducteur et assistant de Pasolini, proche de la maison de production Diagonale fondĂ©e par Paul Vecchiali, Jean-Claude Biette fut aussi l’un des plus attentifs à donner Ă  l’histoire du cinĂ©ma une existence de plain-pied, inventant pour ce faire un mode de lecture et d’écriture des films singulier, labyrinthique et joueur, faisant la part belle aux mĂ©canismes de l’inconscient, Ă  la fascination et aux dĂ©sirs cinĂ©philiques Ă©prouvĂ©s en premier lieu devant le cinĂ©ma classique.

Cette sĂ©ance sera l’occasion pour Pierre EugĂšne et Marcos Uzal, contributeurs de l’ouvrage, d’aborder les Ɠuvres de Jean-Claude Biette et la pĂ©rennitĂ© stimulante de leurs apports aujourd’hui.

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FĂ©v
20
mer
2019
Marc Cerisuelo relit Albert Laffay @ Institut National d'Histoire de l'Art
FĂ©v 20 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Marc Cerisuelo relit Albert Laffay @ Institut National d'Histoire de l'Art
SÉMINAIRE INTER-UNIVERSITAIRE SUR LA CRITIQUE

Comment le cinĂ©ma peut-il ĂȘtre aussi agile dans le rĂ©cit alors que « le monde lui colle aux pieds », se demande Albert Laffay? Pour le grand angliciste, ancien Ă©lĂšve d’Alain et premier critique cinĂ©matographique des Temps Modernes, le cinĂ©ma fait mieux que rivaliser avec l’idĂ©alitĂ© du langage dans l’ordre de la fiction, il ne doit son aisance apparente qu’Ă  des donnĂ©es non-imagiĂšres : la pluralitĂ© des photogrammes qui engendre le mouvement, celle des plans organisĂ©e par le montage, la facultĂ© de bouleverser l’ordre et la continuitĂ©, la possibilitĂ© de produire la simultanĂ©itĂ©,  ce qui le rapproche de ce fait de la musique en rompant avec le caractĂšre sĂ©quentiel de la lecture. A ces donnĂ©es immanentes, Laffay ajoute une idĂ©e : celle d’un « grand imagier », « structure sans images » situĂ©e au coeur du film ; non anthropomorphique, irrĂ©ductible Ă  l’auteur, au narrateur et Ă  toute personnalisation, ce « montreur d’images », « maĂźtre de cĂ©rĂ©monie » ou encore « commentateur anonyme », cette main qui tourne les pages d’un livre d’images fait que le film nous parle en se montrant tout au long de son dĂ©filement. PrĂ©curseur de la narratologie filmique, Laffay anticipe Ă©galement sur des conquĂȘtes plus contemporaines : son insistance sur le fait que le cinĂ©ma nous montre des images rencontre l’intuition d’un Serge Daney qui tient que le cinĂ©ma n’est pas une technique d’exposition des images mais « un acte de montrer ».

Telle est la position du problĂšme. Mais cela ne vaudrait pas une heure de peine si une telle acuitĂ© n’était soutenue par un style Ă©tincelant, clair et subtil, une langue « disante » dont on ne trouve que trĂšs rarement l’équivalent dans la critique cinĂ©matographique (on songe Ă  AndrĂ© Bazin et Ă  Claude Ollier) et plus surement dans la « critique  des maĂźtres » en littĂ©rature (on pense Ă  Julien Gracq).  La tension de la langue a conduit Ă  une forme de rimbaldisme : Laffay n’écrivit que quatre ans sur le cinĂ©ma, Ă  la haute Ă©poque de l’aprĂšs-guerre, puis retourna  Ă  sa khĂągne du lycĂ©e Louis-le-Grand  et Ă  Keats dont il fut le traducteur. Nous nous interrogerons sur ce mĂ©tĂ©ore Ă  partir de ses textes rassemblĂ©s chez Masson en 1964 sous le titre de Logique du cinĂ©ma (le livre attend depuis un demi-siĂšcle une nouvelle Ă©dition
).

Marc Cerisuelo est professeur Ă  l’UniversitĂ© Paris-Est Marne-la-VallĂ©e.

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Mar
19
mar
2019
La boucle animĂ©e, du jouet optique au Gif + Pour l’histoire de la crĂ©ation d’un genre cinĂ©matographique @ INHA - salle Mariette
Mar 19 @ 14 h 00 min – 17 h 00 min
La boucle animĂ©e, du jouet optique au Gif + Pour l’histoire de la crĂ©ation d’un genre cinĂ©matographique @ INHA - salle Mariette | Paris | Île-de-France | France
LES ÉTATS DU CINÉMA, SÉMINAIRE DOCTORAL
Dirigé par Dominique Willoughby

Marion Charroppin (doctorante ESTCA, Paris 8) : La boucle animée, du jouet optique au Gif

Le projet de cette thĂšse est de relier l’analyse esthĂ©tique des boucles continues issues des jouets optiques Ă  celle d’images animĂ©es ultĂ©rieures telles que le Gif. Apparu en 1983, le Gif ou « graphic interchange format » dĂ©signait Ă  l’origine un format d’image numĂ©rique fixe destinĂ©e Ă  internet. À partir de 1996 oĂč apparaĂźt un Gif reprĂ©sentant un bĂ©bĂ© qui danse, ce format correspond Ă  une image animĂ©e selon une brĂšve sĂ©quence qui se rĂ©pĂšte Ă  l’infini. À l’ùre de la communication numĂ©rique, les Gif sont surtout prĂ©sents sur les rĂ©seaux sociaux et les smartphones, s’intĂ©grant aux discussions comme un nouvel Ă©lĂ©ment de ponctuation. Dans le cas d’une boucle continue, la premiĂšre et la derniĂšre phase de l’action se confondent, effaçant le dĂ©but et la fin. Dans ce cas, le Gif est une forme d’image animĂ©e de tendance anarrative, qui remet en question la classique conception linĂ©aire du temps de l’image animĂ©e cinĂ©matographique. Il nous semble intĂ©r