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2019
La boucle animée, du jouet optique au Gif + Pour l’histoire de la création d’un genre cinématographique @ INHA - salle Mariette
Mar 19 @ 14 h 00 min – 17 h 00 min
La boucle animée, du jouet optique au Gif + Pour l’histoire de la création d’un genre cinématographique @ INHA - salle Mariette | Paris | Île-de-France | France
LES ÉTATS DU CINÉMA, SÉMINAIRE DOCTORAL
Dirigé par Dominique Willoughby

Marion Charroppin (doctorante ESTCA, Paris 8) : La boucle animée, du jouet optique au Gif

Le projet de cette thèse est de relier l’analyse esthétique des boucles continues issues des jouets optiques à celle d’images animées ultérieures telles que le Gif. Apparu en 1983, le Gif ou « graphic interchange format » désignait à l’origine un format d’image numérique fixe destinée à internet. À partir de 1996 où apparaît un Gif représentant un bébé qui danse, ce format correspond à une image animée selon une brève séquence qui se répète à l’infini. À l’ère de la communication numérique, les Gif sont surtout présents sur les réseaux sociaux et les smartphones, s’intégrant aux discussions comme un nouvel élément de ponctuation. Dans le cas d’une boucle continue, la première et la dernière phase de l’action se confondent, effaçant le début et la fin. Dans ce cas, le Gif est une forme d’image animée de tendance anarrative, qui remet en question la classique conception linéaire du temps de l’image animée cinématographique. Il nous semble intéressant de questionner la place que peut avoir cet objet anarratif dans une conversation virtuelle sur les réseaux sociaux.

Il semblerait que le Gif animé en boucle continue soit une entité graphique qui exprime de l’affect plutôt qu’il ne raconte une histoire. Les représentations culturelles qu’il réemploie sont choisies pour leur pouvoir expressif. Le Gif peut être composée de plusieurs petites actions mais son ensemble est conçu pour provoquer une émotion simple : rire, peur, dégoût, excitation sexuelle. On rencontre ce schéma anarratif avant l’ère du cinéma narratif classique, à travers certains jouets optiques du XIXe siècle (phénakistiscope, zootrope,praxinoscope) qui présentent des animations en boucle continue composant le même genre d’« unité expressive » que le Gif.

Au cours de ce travail, nous questionnerons les modalités d’expression de la boucle animée,son évolution dans le temps, ainsi que la réception de ces images, en comparant les boucles animées du « précinéma » et celles du postcinéma d’un point de vue scénaristique, stylistique et de leur technique d’animation. Nous nous demanderons comment, du XIXe siècle à nos jours, la consommation spécifique des images animées en boucle a impacté le ressenti des formes, des couleurs et du mouvement chez le spectateur. L’expression cyclique d’un motif entraînant une consommation des images de l’ordre de « l’attraction», nous verrons en quoi les boucles continues des Gif participent à faire de l’ère numérique une ère attractionnelle en rupture avec le schéma narratif de l’ère cinématographique.

Stefano Darchino (doctorant ESTCA, Paris 8) : Pour l’histoire de la création d’un genre cinématographique

En s’appuyant sur les concepts de Tzvetan Todorov, de Jean-Louis Leutrat et de Janet Staiger (entre autres), une approche historique et « matérialiste » à l’égard des genres cinématographiques sera proposée : ils n’existent qu’à partir du moment où ils sont nommés. Dans ce processus de création, un rôle fondamental est souvent joué par les critiques de cinéma, dont les textes publiés participent à la diffusion du genre : par exemple, on sait que le « film noir » a été forgé par la critique cinématographique française. L’étude de cas qui sera employée correspond au genre italien du « cinema demenziale » (cinéma démentiel), né au début des années quatre-vingt à partir de la réception critique de quelques films comiques américains venant de sortir en salles : 1941 (de Steven Spielberg, 1979), Y a-t-il un pilote dans l’avion ? (Airplane!, de Jim Abrahams, David Zucker & Jerry Zucker, 1980) et The Blues Brothers (de John Landis, 1980).

 

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Avr
15
lun
2019
Rencontre avec Sergio Blanco – Autofiction théâtrale pour des narcissismes uruguayens @ ENS Ulm, Salle Beckett
Avr 15 @ 20 h 00 min – 22 h 45 min
Rencontre avec Sergio Blanco – Autofiction théâtrale pour des narcissismes uruguayens @ ENS Ulm, Salle Beckett | Paris | Île-de-France | France
Séminaire doctoral pluridisciplinaire “Penser la création contemporaine dans le Cône Sud”
« Autofiction théâtrale pour des narcissismes uruguayens » – Rencontre avec Sergio Blanco

Auteur et metteur en scène de plus d’une dizaine de pièces, représentant de la deuxième génération de théâtre indépendant en Uruguay, Sergio Blanco nous parlera de son travail théâtral, principalement centré sur le mythe et l’autofiction – « un moyen de rendre l’Uruguay un peu plus narcissique » – développé dans des pièces comme Tebas Land, La Ira de Narciso ou El Bramido de Düsseldorf dont nous visionnerons des images.

Installé à Paris depuis de nombreuses années, Sergio Blanco nous parlera aussi de la façon dont il travaille entre deux continents (l’Amérique du Sud et l’Europe) et de la façon dont le théâtre uruguayen cherche à s’intégrer dans des circuits internationaux par le biais de certaines plateformes telles que COMPLOT, un collectif de metteurs en scène dont il fait partie avec Gabriel Calderón, Martin Inthamoussú et Mariana  Percovich.

La rencontre aura lieu en français.

Mai
7
mar
2019
Desktop films + Figures, thèmes, dispositifs @ INHA - salle Mariette
Mai 7 @ 14 h 00 min – 17 h 00 min
Desktop films + Figures, thèmes, dispositifs @ INHA - salle Mariette | Paris | Île-de-France | France
LES ÉTATS DU CINÉMA, SÉMINAIRE DOCTORAL
Dirigé par Dominique Willoughby

« Desktop films: le remploi de la vidéo amateur à l’ère post-Internet » par Gala Hernández López (doctorante ESTCA)

Les desktop films sont des films construits à partir du recyclage de vidéos amateurs trouvées sur l’hyperarchive de la vidéosphère: Internet, les réseaux sociaux et les app mobiles. À partir d’un montage dialectique dotant les vidéos d’un hors-champ, les desktop films réalisent une re-signification des images-source, une réflexion sur les rapports entre macrohistoire (mémoire collective) et microhistoire (mémoire individuelle), une archéologie de l’impensé de notre temps et tentent un diagnostic des symptômes épidémiques de notre époque. Ils nous interrogent aussi sur notre relation à la production d’images.

« Figures – thèmes – dispositifs » par Chaghig Arzoumanian (doctorante ESTCA)

Lors de ma présentation du 7 mai, je vous ferai part du travail que j’ai développé durant ma résidence à la Fondation Camargo avec les chercheurs Anais Farine et Assaf Dahdah. http://camargofoundation.org/fr/programmes/programmes-en-partenariat/labexmed/2019/beyrouth-en-images/
Le projet Beirut Stills, est un travail de collecte de films libanais réalisés depuis les années 1970, il a pour premier objectif l’élaboration d’un film constitué de montage d’extraits issus de la cinématographie libanaise. En laissant la parole aux images et à la bande sonore ce projet ira d’abord dans le sens d’un travail de remontage de séquences présentant larécurrence de certains paysages, motifs et ambiances beyrouthins.
Ce travail de montage de récurrences, de motifs qui reviennent de manière systématique (tels que les panoramiques, l’entrée dans Beyrouth, les check-points, les manifestations ou encore la vie nocturne par exemple) nous donne la possibilité d’une nouvelle perspective porté sur ces films et d’une nouvelle analyse du choix des réalisateurs: les lieux qu’ils investissent, les sujets qu’ils traitent; qu’est ce qui les unis, ce qui les traverse etc. Nous cherchons à travers ce projet à articuler les questions relatives à la ville dans le cinéma à celles du cinéma dans la ville, de lier les questions des représentations symboliques et à celles des pratiques de l’espace dans Beyrouth. Durant la présentation, je projetterai également un premier remontage du film d’une durée de 25min.

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Mai
29
mer
2019
Présentation de l’ouvrage Godard, inventions d’un cinéma politique @ Institut National d'Histoire de l'Art
Mai 29 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Présentation de l'ouvrage Godard, inventions d’un cinéma politique @ Institut National d'Histoire de l'Art
SÉMINAIRE INTER-UNIVERSITAIRE SUR LA CRITIQUE

David Faroult (ENS Louis-Lumière) présentera son ouvrage Godard, inventions d’un cinéma politique (prix de la critique).

David Faroult, maître de conférences en cinéma à l’École Nationale Supérieure Louis-Lumière, est co-auteur des livres Mai 68 ou le cinéma en suspens et Jean-Luc Godard : Documents.

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Oct
31
jeu
2019
Du renversement – Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Oct 31 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Du renversement - Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
« Du renversement » Intervention d’Erik Bullot

À rebours de toute téléologie, l’archéologie des médias a attiré notre attention sur la survivance et le retour des formes et des techniques. L’histoire du cinéma obéit-elle à un principe de renversement temporel ? Est-elle une anagramme ?

En s’appuyant sur des travaux de recherche personnels autour d’une histoire virtuelle des relations de l’art et du cinéma et d’une étude sur Raymond Roussel et le cinéma, cette séance du séminaire s’attachera à instruire plus particulièrement la notion de remédiation rétrograde. Proposée par Jay David Bolter et Richard Grusin dans leur ouvrage Remediation. Understanding New Media, reprise et développée par Pavle Levi dans Cinema by Other Means, la remédiation rétrograde désigne le fait pour un médium ancien de traduire ou d’imiter les possibilités offertes par un médium plus récent.

Marguerite Vappereau donnera la réplique à Erik Bullot.

Séance dans le cadre du séminaire inter-universitaire Théâtres de la mémoire.

Nov
28
jeu
2019
Filmer l'(im)possible : les temps à venir d’Alexander Kluge @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Nov 28 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Filmer l'(im)possible : les temps à venir d'Alexander Kluge @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
« Filmer l'(im)possible : les temps à venir d’Alexander Kluge » Maguelone Loublier (Université du Mans/ESTCA) avec Christa Blümlinger (répondante)

Il s’agira de penser la tension entre possible et impossible dans les films-essais d’Alexander Kluge. Dans son œuvre cinématographique, Kluge ne cherche ni à répéter ni à imiter le réel, mais le représente autrement, en faisant advenir dans l’image et dans les mots les puissances du possible. A partir de l’analyse du possible comme « catégorie esthétique » (Deleuze/Guattari), nous verrons comment les films de Kluge représentent le possible pour donner de l’élan au réel, pour y créer du possible et faire surgir l’imprévisible et l’impossible. En entrelaçant les temporalités, en tissant fiction et histoire, Kluge imagine d’autres possibilités et crée de l’impossible ; il offre ainsi au cinéma un « récit au subjonctif », qui échappe à la narration au présent et à l’imparfait.

Normalienne, agrégée d’allemand, Maguelone Loublier est actuellement ATER à l’Université du Mans. Elle a soutenu une thèse en études cinématographiques à Paris 8 et à la Goethe-Universität (Francfort-sur-le-Main) sur les manifestations de la voix dans l’oeuvre d’Alexander Kluge : « Variations et métamorphoses. Une voix allemande: Alexander Kluge ».

Elle a publié : « L’ombre d’une corne de taureau ou le conte de l’Enfant obstiné chez Alexander Kluge » (Germanica, 61, 2017), « Eine gespenstische Stimme geht um in Alexander Kluges Filmen » (Alexander-Kluge-Jahrbuch, 5, 2018) et « Le film-essai: quand le je-ne-sais-quoi de la voix et le presque-rien du silence ponctuent l’image (Godard, Marker, Kluge) » (Voix et silence dans les arts: passages, poïèsis et performativité, 2019).

Séance dans le cadre du séminaire inter-universitaire Théâtres de la mémoire.

Jan
30
jeu
2020
The time of this story is the future – Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Jan 30 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
The time of this story is the future - Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
« « The time of this story is the future ». Du bon usage de l’anticipation pour faire émerger la conscience des crimes de masse » Ophir Lévy (Paris 8/ESTCA) avec Sylvie Lindeperg (répondante)

Dans la proximité immédiate avec des faits génocidaires, il arrive que la fable cinématographique se conjugue au futur, comme s’il s’agissait de s’accorder, par cette distance artificielle, le recul nécessaire à l’appréhension d’un événement qui déborde l’entendement. L’exemple le plus emblématique d’une telle démarche est sans doute None Shall Escape d’André de Toth, film tourné en octobre 1943 et sorti en février 1944, qui s’ouvre sur ces mots : « The time of this story is the future. The war is over » et qui imagine l’hypothétique procès d’un criminel de guerre jugé devant le « Tribunal International du district de Varsovie ». Alors même qu’Auschwitz fonctionne à plein régime, ce film est le premier à évoquer frontalement le sort des Juifs dans une Europe sous domination nazie.

En revenan