Séminaire inter-universitaire

Théâtres de la mémoire

31/10/2019

Erik Bullot (École nationale supérieure de Bourges) avec Marguerite Vappereau (répondante)
« Du renversement »

28/11/2019

Maguelone Loublier (Université du Mans/ESTCA) avec Christa Blümlinger (répondante)
« Filmer l'(im)possible : les temps à venir d’Alexander Kluge »

30/01/2020

Ophir Lévy (Paris 8/ESTCA) avec Sylvie Lindeperg (répondante)
« The time of this story is the future ». Du bon usage de l’anticipation pour faire émerger la conscience des crimes de masse

13/02/2020

Jennifer Wild (université de Chicago) avec Arno Gisinger (répondant)
« Les images des barricades »

12/03/2020

Dork Zabunyan (Paris 8/ESTCA) avec Matthias Steinle (répondant)
« Trump, un film d’Amérique »

Groupe de recherche inte-runiversitaire sur le cinéma (CERHEC/Paris 1, ESTCA/Paris 8, IRCAV/Paris3) Codirigé par C. Blümlinger, S. Lindeperg, S. Rollet, M. Vappereau

Une mémoire cinématographique du futur

Il s’agira d’explorer la manière dont un avenir (généralement non réalisé) affleure dans la mémoire du passé que le cinéma conserve et qu’il peut actualiser.

Précisons immédiatement que, malgré la proximité terminologique, ce que nous entendons par «mémoire cinématographique du futur» doit être clairement distingué de ce que les neurosciences nomment « mémoire au futur » (Francis Eustache], c’est-à-dire la réorganisation des souvenirs en fonction de leur pertinence pour le présent et l’avenir. En revanche, la réflexion que nous souhaitons mener présente certaines affinités avec des questions abordées et des recherches menées dans d’autres champs disciplinaires : l’histoire contrefactuelle, l’approche génétique des textes et la question de l’archive.

La première, nommée également « histoire des possibles » ou « what if History », qui s’est développée à partir de la crise des modèles déterministes (R. Koselleck), a connu un réel essor depuis les années 1980. La réflexion sur les passés non advenus y vise donc essentiellement à repenser les modèles de causalité historique (Q. Deluermoz & P. Singaravélou). De son côté, la génétique textuelle, en s’inspirant de la logique des « mondes possibles », tente de rendre compte du statut des mondes virtuels créés au cours de la genèse (D. Ferrer). Enfin, les diverses réflexions sur les archives mènent toujours à s’interroger sur l’acte d’archivage et de conservation en vue d’un futur depuis lequel le « passé » de l’archive prendrait un sens. L’archive s’ouvre toujours depuis l’avenir (J. Derrida).

Si notre réflexion présente des convergences avec ces trois directions de recherche, la question que nous aborderons en diffère nettement : nous examinerons la transmissibilité d’un futur, imaginé au passé. Cela implique d’interroger la manière dont le cinéma peut archiver un futur virtuel, advenu ou non, et en réactualiser la puissance au présent. Autrement dit, il s’agira d’analyser la manière dont le cinéma, par ses dispositifs d’enregistrement, ses régimes de projection et de fictionnalisation, propose moins une histoire du réel qu’une histoire des utopies et des imaginaires.

Le séminaire se tiendra à l’INHA-Galerie Colbert en salle Jullian, de 18h à 20h, les jeudis 31 octobre, 28 novembre, 30 janvier, 13 février et 12 mars.

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