Oct
21
mer
2020
Eric Rohmer : pour un cinéma impur (séminaire en ligne)
Oct 21 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Eric Rohmer : pour un cinéma impur (séminaire en ligne)
SÉMINAIRE INTER-UNIVERSITAIRE SUR LA CRITIQUE 
« Eric Rohmer : pour un cinéma impur » avec Noël Herpe, maitre de conférences à l’Université Paris 8.

Grâce au Goût de la beauté, anthologie supervisée par ses soins, on connaissait un Rohmer théoricien, ambitionnant de retrouver dans le septième art une forme de sublime que les autres arts auraient désertée. Avec Le Sel du présent, qui paraît à l’occasion de son centenaire, c’est un Rohmer plus impur qui revient sur le devant de la scène. Impur, car se mêlent à ses choix des tropismes idéologiques, marqués par le contexte de la guerre froide et les exigences de la revue Arts, où il jouait au polémiste méchant. Impur, parce qu’à rebours du cinéma d’adaptation littéraire, français ou américain, il ose défendre les outsiders, les films de genre, les produits de consommation courante, mais où la mise en scène se révèle d’autant mieux que la poésie n’est point trop sollicitée. Impur encore, – qui l’eût cru ? –, parce qu’il ne cesse de faire des infidélités à son atlantisme affiché, et de découvrir à travers Ingmar Bergman, Kenji Mizoguchi ou Satyajit Ray, de nouveaux territoires de cinéma. C’est un peu de cette géographie rohmérienne que l’on se propose d’arpenter, conjuguée à une cinémathèque idéale qui réserve elle aussi bien des surprises. Amoureux de Murnau, Rohmer célèbre Eisenstein. Renoirien jusqu’à défendre Elena, il s’incline devant les rigueurs de Bresson (et s’enthousiasme pour le plus bressonnien des Hitchcock, Le Faux Coupable). Rossellinien impénitent, il fait l’éloge des Nuits blanches de Visconti. Constamment il bifurque, emprunte des chemins de traverse, redessine en le précisant son paysage cinéphile. Et invente déjà, de modèles secrets en révérences en trompe-l’œil, son futur travail de cinéaste.

Séminaire en visioconférence, le lien de connexion sera affiché sur la page Facebook du séminaire.

 

Nov
5
jeu
2020
Colloque International Années 20/20 @ Institut national d'histoire de l'art
Nov 5 @ 9 h 45 min – Nov 6 @ 16 h 45 min
Colloque International Années 20/20 @ Institut national d'histoire de l'art
Colloque international • Années 20/20 • Avant-gardes cinématographiques / Cinéma expérimental

« Il fallait bien une expérience cinglante pour faire lever dans la frénésie technique et économique d’un cinéma naissant, une gerbe de films et de pensées qui imposeraient à la postérité cinématographique de revenir sans cesse aux formes et aux questions qu’ils léguaient, une expérience originaire ; celle à partir de laquelle commencent les questions. »

– Claudine Eizykman, « L’Avant-garde cinématographique comme expérience originaire »,   Le Film-après-coup, PUV, 2019.

En complément de la rétrospective de Cinédoc / Novembre Expérimental « Avant-gardes cinématographiques et Cinéma expérimental » qui se tiendra du 2 au 30 novembre au Studio des Ursulines, au cinéma Le Grand Action, à l’Université Paris 8 ainsi qu’à l’INHA, un colloque international réunissant historiens et chercheurs spécialistes des avant-gardes cinématographiques des Années Vingt se tiendra les jeudi 5 et vendredi 6 novembre 2020 à l’auditorium de l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA). Le Colloque sera retransmis en live sur la page Facebook de Cinédoc.

 
Nov
12
jeu
2020
Hommage à Michèle Lagny – Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Nov 12 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Hommage à Michèle Lagny - Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Présentation du recueil d’articles de Michèle Lagny (codirectrice de « Théâtres de la mémoire », 2003-2018)

Hors cadre : imaginaires cinématographiques de l’histoire (Hermann, coll. « L’esprit du cinéma », 2020) par les quatre coéditrices du volume : Emmanuelle André (Paris 7), Christa Blümlinger (Paris 8), Sylvie Lindeperg (Paris 1) et Sylvie Rollet (Poitiers)

 

Les textes réunis dans le volume – dont l’écriture s’échelonne sur un peu plus de trente ans –dessinent le visage d’une chercheuse infatigable, animée d’une indéfectible curiosité. Au tournant des années 1970 et 1980, en France, l’entreprise pionnière de Marc Ferro a commencé à fissurer le mur qui sépare la recherche historique et l’analyse des discours audiovisuels. Ce moment où les domaines de compétence se redéfinissent et où les certitudes s’effondrent est celui des premières publications de Michèle Lagny, consacrées à la Révolution russe filmée par Eisenstein. Elle se convainc immédiatement d’un principe, qu’elle ne cessera de répéter : il faut « faire de l’analyse filmique un préalable instrumental à la démarche proprement historique. » 

Séance dans le cadre du séminaire inter-universitaire Théâtres de la mémoire.

Déc
10
jeu
2020
Trump, un film d’Amérique – Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Déc 10 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Trump, un film d’Amérique - Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
« Trump, un film d’Amérique » Dork Zabunyan (Paris 8)

Reprise de la séance interrompue du 12 mars dernier.

L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d’Amérique a bouleversé les modes de représentation fictionnels du pouvoir politique au cinéma comme à la télévision. Les scénaristes de Hollywood sont en crise et les showrunners de séries télévisées sont aux abois : le 45e président  américain ne ressemble à aucun autre, et il rend obsolète la figure même du « leader du monde libre ».

Plusieurs questionnements qui engagent l’avenir de la création cinématographique accompagnent cette crise de la fiction à l’ère de Trump : un biopic de l’actuel président américain qui ne tomberait pas dans l’écueil du bêtisier est-il possible ? Si une caricature de la caricature est contre-productive d’un point de vue critique, quelles puissances d’expression le cinéma peut-il mobiliser pour dénoncer le fascisme mêlé de bouffonerie de Trump ? La fiction historique peut-elle se prévaloir de faire le « procès » du président américain, comme Hans J. Syberberg s’était proposé de réaliser, avec les moyens du cinéma, le « procès de Hitler » (dans Hitler, un film d’Allemagne, 1977) ? Peut-on esquisser au final les contre-images de Trump qui resteront dans nos mémoires ? Et ces contre-images pourront-elles constituer à leur tour le contrepoint d’un individu dont l’action politique annule le passé et méprise l’Histoire ?

Dork Zabunyan est professeur en cinéma à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Deux de ses ouvrages ont été récemment traduits en anglais : Foucault at the Movies (avec P. Maniglier, Columbia UP, 2018, trad. Clare O’Farrell) et The Insistence of Struggle (IF Publications, 2019, trad. Stefan Tarnowski). Il prépare actuellement un essai sur les images de Donald Trump.

Séance dans le cadre du séminaire inter-universitaire Théâtres de la mémoire.