Jan
29
mer
2020
Ecocritique 1 – Les cahiers verts des Cahiers du Cinéma @ Institut National d'Histoire de l'Art, Salle Fabri de Peiresc
Jan 29 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Ecocritique 1 - Les cahiers verts des Cahiers du Cinéma @ Institut National d'Histoire de l'Art, Salle Fabri de Peiresc
SÉMINAIRE INTER-UNIVERSITAIRE SUR LA CRITIQUE

Ecocritique 1 – Les cahiers verts des Cahiers du Cinéma. 

La proposition faite par Nathalie Blanc, Denis Chartier et Thomas Pughe de rebaptiser le texte de Lawrence Buell Writing for an endangered world en « reading for an endangered world », portait sur la nécessité de relire les textes littéraires d’un point de vue particulier, celui de l’environnement, et d’en bousculer ainsi la réception.  Il s’agit bien ici d’ouvrir l’intimité de l’œuvre à un dehors, à un monde menacé, mission dont on pourrait penser qu’elle relève en grande partie de celles dévolues à la critique.

Ces deux séances du séminaire consacrées à l’écocritique proposent donc de partir à la recherche de gestes critiques cherchant à éveiller le regard du spectateur. Nous aurons le plaisir de recevoir, pour ce premier séminaire, Stéphane Delorme, critique et rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma. Il viendra nous présenter la démarche des « cahiers verts », qui, avec son herbier, nous ont, non sans audace, proposé, en avril 2019 de « voir autrement le monde et les films ».

La séance sera animée par Cécile Sorin, professeure à l’Université Paris 8.

 

Jan
30
jeu
2020
The time of this story is the future – Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Jan 30 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
The time of this story is the future - Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
« « The time of this story is the future ». Du bon usage de l’anticipation pour faire émerger la conscience des crimes de masse » Ophir Lévy (Paris 8/ESTCA) avec Sylvie Lindeperg (répondante)

Dans la proximité immédiate avec des faits génocidaires, il arrive que la fable cinématographique se conjugue au futur, comme s’il s’agissait de s’accorder, par cette distance artificielle, le recul nécessaire à l’appréhension d’un événement qui déborde l’entendement. L’exemple le plus emblématique d’une telle démarche est sans doute None Shall Escape d’André de Toth, film tourné en octobre 1943 et sorti en février 1944, qui s’ouvre sur ces mots : « The time of this story is the future. The war is over » et qui imagine l’hypothétique procès d’un criminel de guerre jugé devant le « Tribunal International du district de Varsovie ». Alors même qu’Auschwitz fonctionne à plein régime, ce film est le premier à évoquer frontalement le sort des Juifs dans une Europe sous domination nazie.

En revenant sur la genèse de None Shall Escape, mais également en sollicitant d’autres exemples tirés aussi bien de la littérature de la fin du XIXe siècle que des dramatiques radio de l’immédiat après-guerre, nous voudrions interroger cet enchevêtrement des temporalités si caractéristique des récits marqués par la mémoire du génocide et nous demander quelles pourraient être les vertus épistémologiques d’une telle projection de l’actualité dans l’avenir.

Ophir Levy est maître de conférences en études cinématographiques à l’université Paris 8 – Vincennes – Saint-Denis. Sa thèse consacrée à la migration des images d’archives de la déportation et à l’empreinte souterraine de la mémoire de la Shoah dans le cinéma contemporain (sous la dir. de Sylvie Lindeperg, université Paris 1 – « Prix de la Recherche » de l’Inathèque en 2014) a donné lieu à la publication de l’ouvrage Images clandestines. Métamorphoses d’une mémoire visuelle des « camps » (Hermann, 2016). Il est également l’auteur de Penser l’humain à l’aune de la douleur. Philosophie, histoire, médecine. 1845-1945 (L’Harmattan, 2009).

Séance dans le cadre du séminaire inter-universitaire Théâtres de la mémoire.

Fév
10
lun
2020
Atelier Recherche-Création, Cinéma @ Université Paris 8, Maison de la Recherche, salle A2- 217
Fév 10 @ 14 h 00 min – 17 h 00 min
Atelier Recherche-Création, Cinéma @ Université Paris 8, Maison de la Recherche, salle A2- 217
Atelier Recherche-Création, Cinéma avec Dork Zabunyan (Paris 8), Sandra Delacourt (Paris 1) et Catherine Perret (Paris 8)

Chaque discipline artistique possède sans doute sa propre conception de la thèse de recherche-création, et il convient de respecter les spécificités de chacune des pratiques artistiques qui s’ouvrent ainsi à la recherche doctorale. Mais peut-être que le problème demeure mal posé, et qu’à une question d’essence – qu’est-ce qu’une thèse de recherche-création en cinéma, en arts plastiques, en théâtre, etc. ? –, il faudrait en soulever une autre, à la fois plus globale et plus concrète : à quelles conditions(historiques, politiques, pédagogiques…) les thèses de ce type voient-elles le jour dans les départements d’enseignement artistique ? C’est ce renversement de perspective que Sandra Delacourt entreprend dans un ouvrage paru récemment et qui fera date dans ce domaine : L’Artiste-chercheur – Un rêve américain au prisme de Donald Judd (éditions B 52, 2019). Nous partirons des hypothèses avancées dans ce livre pour tenter de déterminer comment la thèse de recherche-création en cinéma a acquis, par ricochet, une certaine place dans les études filmiques ; nous tenterons en parallèle de cerner les résistances méthodologiques qu’elle rencontre comme les possibles théoriques qu’elle laisse entrevoir, tout en l’inscrivant dans le cadre d’une politique de la recherche que le livre de Sandra Delacourt nous enjoint à investir sans relâche.

Cette séance s’adresse principalement aux doctorants de l’ESTCA mais est ouverte aux titulaires et aux restants doctorants de l’EDESTA, issus d’autres disciplines artistiques.

 

Fév
13
jeu
2020
Les images des barricades – Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Fév 13 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Les images des barricades - Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
« Les images des barricades » Jennifer Wild (université de Chicago) avec Arno Gisinger (répondant)

La communication de Jennifer Wild portera sur des dimensions politiques et matérielles d’un devenir temporel de la photographie.

Elle s’interrogera sur la capacité de « reconnaissance radicale » qu’a l’image photographique à l’égard des sujets marginaux, opprimés ou « subalternes ». C’est à partir des photographies des barricades de la Commune de Paris (1871) que sera menée l’enquête historique sur les révolutions politiques, culturelles et artistiques, à travers la photographie, le cinéma et les arts.

Les photographies des barricades constituent, d’une part, les traces historiques d’une insurrection passée et de la résistance « performative » des citoyens. Mais elles constituent aussi le fonds à partir duquel explorer les esthétiques, politiques et matérielles, que permet la « nouvelle » photographie (circa 1871). D’autre part, ces photographies font également de l’image des barricades un ensemble figural ou une forme qui réunit soulèvement populaire et stratégies matérielles. A la demande de reconnaissance sociale et politique, cette combinaison associe surtout une demande de visibilité.

L’idée centrale de cette intervention est que la barricade offre un point de vue alternatif permettant d’examiner les formes photographiques et filmiques ultérieures. Celles-ci mettent en relief la matérialité de la photographie, à la fois en termes de longue durée (de la politique esthétique de l’image) et comme capacité de la photographie à libérer les sujets photographiques de leur position culturelle subordonnée, afin qu’ils puissent être reconnus dans leur intégrité et leur humanité. Cela met en lumière le fait qu’ont été sous-estimées les relations du médium photographique avec l’Histoire comme avec la fonction historique de l’esthétique politique de l’image.

Jennifer Wild, Professeure dans les deux départements de Cinema & Media Studies et Romance Languages & Literatures à L’Université de Chicago, est l’auteure du livre The Parisian Avant-Garde in the Age of Cinema (University of California Press, 2015).

Arno Gisinger, Maître de conférences au département de photographie (UFR Arts, Philosophie, Esthétique) à l’Université Paris 8, est photographe, plasticien et historien.

Séance dans le cadre du séminaire inter-universitaire Théâtres de la mémoire.

Fév
14
ven
2020
Wang Bing’s 15 Hours and the Chimera of Endlessness – Rencontre avec Erika Balsom @ Institut national d'histoire de l'art, Salle Vassari
Fév 14 @ 11 h 00 min – 14 h 00 min
Wang Bing’s 15 Hours and the Chimera of Endlessness - Rencontre avec Erika Balsom @ Institut national d'histoire de l'art, Salle Vassari
Les Rencontres Edesta Synchronisation

Séminaire animé par Paul-Louis Rinuy (AIAC) et Christa Blümlinger (ESTCA), proposé avec le soutien de l’EUR ArTec et du Collège des Ecoles Doctorales de l’Université Paris 8

Erika Balsom (King’s College, London) : « Wang Bing’s 15 Hours and the Chimera of Endlessness » Répondant : Dork Zabunyan (ESTCA)

Longtemps, le documentaire d’observation a souffert, auprès des commissaires d’exposition de l’art contemporain, d’un statut de mauvais objet, trop éloigné d’une certaine artificialité requise. Cette conférence s’intéressera à sa revalorisation récente, notamment dans le cadre de la Documenta 11 de 2002, dirigée par Okwui Enwezor. Reconnaissant qu’il ne s’agit pas d’une simple « copie » du monde, plusieurs artistes ont désormais choisi cette stratégie. La conférence explorera ce paradoxe apparent à partir d’une discussion portant sur l’œuvre du cinéaste et artiste chinois Wang Bing, 15 Hours (2017), qui documente une journée de travail dans un atelier textile chinois. L’installation se situe à l’intersection entre des discours sur le cinéma numérique et le tournant documentaire dans l’art, dans la mesure où l’œuvre réaffirme la primauté de la saisie optique en même temps que les possibilités singulières d’un mode d’enregistrement de longue durée, propre à la vidéo numérique. (Conférence en anglais)

Erika Balsom est professeure (Senior Lecturer) en études de cinéma au King’s College à Londres. Elle est l’auteur de After Uniqueness : A History of Film and Video Art in Circulation (2017) et de Exhibiting Cinema in Contemporary Art (2013), et a co-dirigé, entre autres, Artists’ Moving Image in Britain since 1989 (2019) et Documentary Across Disciplines (2016). Elle a publié dans des revues académiques comme Grey Room et Cinema Journal et contribue régulièrement à des magazines critiques comme Artforumfrieze, et Sight & Sound.

Mar
4
mer
2020
Le cas d’images : Un pont jeté entre Montréal et les Champs-Élysées @ Institut National d'Histoire de l'Art, Salle Fabri de Peiresc
Mar 4 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Le cas d'images : Un pont jeté entre Montréal et les Champs-Élysées @ Institut National d'Histoire de l'Art, Salle Fabri de Peiresc
SÉMINAIRE INTER-UNIVERSITAIRE SUR LA CRITIQUE

« Un pont jeté entre Montréal et les Champs-Élysées. Le cas d’Images, revue canadienne de cinéma (1955-1956), et le dialogue France-Québec »

Conférence par Jean-Pierre Sirois-Trahan (Université Laval, Québec)

Dans un numéro des Cahiers du Cinéma de 1956, François Truffaut écrivait ceci : « Grâce à Images, un pont est jeté entre Montréal et les Champs-Élysées. À McLaren d’y passer le premier. » Cette conférence a pour visée de faire l’histoire de cette revue de cinéma méconnue, aussi éphémère qu’importante pour le Québec, en étudiant ses positions esthétiques et philosophiques. Nous verrons également à emprunter ce pont transatlantique, en étudiant le dialogue critique entre la France et le Québec, pour une « histoire globale » de la critique francophone.
Mar
12
jeu
2020
Trump, un film d’Amérique – Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
Mar 12 @ 18 h 00 min – 20 h 00 min
Trump, un film d’Amérique - Théâtres de la mémoire @ Institut national d'histoire de l'art, salle Jullian
« Trump, un film d’Amérique » Dork Zabunyan (ESTCA) avec Matthias Steinle (répondant, Sorbonne nouvelle – Paris 3)

Après discussion à propos de la consigne « le 5 mars, l’université s’arrête », il a été décidé de maintenir la séance du jeudi 12 mars. Dans le contexte actuel de mobilisation contre le projet de la réforme de l’université (LPPR), il nous a semblé important de poursuivre une réflexion qui cherche à aiguiser, avec le cinéma, des outils d’analyse pour comprendre et éventuellement avoir prise sur notre histoire contemporaine.

À cette décision, Dork Zabunyan aimerait ajouter ceci, en lien avec le sujet de son intervention : « La LPPR est triste, Trump est archi-triste. Et ce serait encore plus triste de ne pas échanger sur l’une comme sur l’autre dans le cadre d’un séminaire qui se veut critique et qui existe depuis 17 ans malgré toutes les contraintes économiques ».

L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d’Amérique a bouleversé les modes de représentation fictionnels du pouvoir politique au cinéma comme à la télévision. Les scénaristes de Hollywood sont en crise et les showrunners de séries télévisées sont aux abois : le 45e président  américain ne ressemble à aucun autre, et il rend obsolète la figure même du « leader du monde libre ».

Plusieurs questionnements qui engagent l’avenir de la création cinématographique accompagnent cette crise de la fiction à l’ère de Trump : un biopic de l’actuel président américain qui ne tomberait pas dans l’écueil du bêtisier est-il possible ? Si une caricature de la caricature est contre-productive d’un point de vue critique, quelles puissances d’expression le cinéma peut-il mobiliser pour dénoncer le fascisme mêlé de bouffonerie de Trump ? La fiction historique peut-elle se prévaloir de faire le « procès » du président américain, comme Hans J. Syberberg s’était proposé de réaliser, avec les moyens du cinéma, le « procès de Hitler » (dans Hitler, un film d’Allemagne, 1977) ? Peut-on esquisser au final les contre-images de Trump qui resteront dans nos mémoires ? Et ces contre-images pourront-elles constituer à leur tour le contrepoint d’un individu dont l’action politique annule le passé et méprise l’Histoire ?

Dork Zabunyan est professeur en cinéma à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Deux de ses ouvrages ont été récemment traduits en anglais : Foucault at the Movies (avec P. Maniglier, Columbia UP, 2018, trad. Clare O’Farrell) et The Insistence of Struggle (IF Publications, 2019, trad. Stefan Tarnowski). Il prépare actuellement un essai sur les images de Donald Trump.

Séance dans le cadre du séminaire inter-universitaire Théâtres de la mémoire.