Fictions de Trump

Le corps de Donald Trump est presque partout, hors de nous, sur nos écrans, pris dans des canaux d’information qui en disséminent sans dis- continuité les images fixes et animées. (...) Deux questions parcourent cet essai: quel est cet étrange amour pour le pouvoir, véhiculé par les images d’un dirigeant autoritaire, auquel adhèrent des individus qui n’ont pourtant aucun intérêt à voter pour lui ? Quels contre-feux filmiques, réels ou imaginés, sont susceptibles de mobiliser les puissances des images pour se soustraire à ce pouvoir, voire pour le contrarier ?

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Hors cadre : imaginaires cinématographiques de l’histoire

Ce volume rassemble pour la première fois une série de textes qui ont joué un rôle fondateur pour le développement de la réflexion historique dans le champ du cinéma. Durant près de quarante ans, Michèle Lagny (1938- 2018) en a arpenté en tous sens les territoires, des documentaires aux fictions, des films populaires aux oeuvres de création. En historienne rigoureuse animée d’une intense curiosité, elle a contribué dans les années 1980-90 aux débats transatlantiques sur la « New Film History »...

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Le peuple précaire du cinéma contemporain

Baptisé « art du peuple » dans ses premiers jours, le cinéma aura accompagné les mutations de ce sujet si fluctuant. On inspecte ici quelques unes de ses figures contemporaines piochées dans des scènes bien distantes : les films de Jia Zhangke, un cinéma français opposant le réalisme à la République, des documentaires réalisés sur des places insurgées et d’autres tournés auprès de migrants clandestins. L’écart des uns aux autres fait saillir des traits partagés dessinant la silhouette d’un peuple précaire, plus indéterminé et moins substantiel que le prolétariat dont il est le successeur...

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Le cinéma en mouvements depuis la Nouvelle Vague

Depuis la Nouvelle Vague française, le cinéma mondial est traversé de mouvements – agitateurs d’un art en perpétuelle évolution – qui sont analysés ici dans leur réalité éparse et hétérogène : territoires dissidents créés par des cinéastes face à des productions nationales figées, écho de mouvements antérieurs ou d’un contexte social et politique spécifique, manifestes, regroupement autour d’intérêts esthétiques et économiques communs, sont parmi les hypothèses explorées par cet ouvrage, pour mieux percevoir les différentes trajectoires d’un Septième Art qui n’en finit pas de se renouveler.

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Katharine Hepburn. Paradoxes de la comédienne

Si Katharine Hepburn est indéniablement une star de cinéma, on connaît moins sa carrière de comédienne et la façon dont le théâtre de Broadway a nourri ses rôles à l’écran. Les traits qu’on lui associe – modèle d’émancipation féminine, héroïne archétypale des comédies hollywoodiennes, icône yankee – dissimulent une construction complexe. Hepburn incarne par excellence les paradoxes des échanges entre la scène et l’écran. Elle représente une troisième voie dans le jeu d’acteur, entre la neutralité ou l’underplaying hollywoodien et l’école de l’Actors Studio, qui se rattache à un héritage indirect duparadoxe sur le comédien défini par Diderot...

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Foucault at the Movies

Michel Foucault’s work on film, although not extensive, compellingly illustrates the power of bringing his unique vision to bear on the subject and offers valuable insights into other aspects of his thought. "Foucault at the Movies" brings together all of Foucault’s commentary on film, some of it available for the first time in English, along with important contemporary analysis and further extensions of this work.

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Geste filmé, gestes filmiques

Une réflexion sur le geste au cinéma se trouve confrontée d’emblée à un double sens. Le geste n’est-il pas un matériau privilégié du cinéma considéré, à la fois, comme enregistrement du réel et art de la mise en scène ? Le geste à l’écran ne renvoie-t-il pas à la fois à ce qui a été filmé et à sa transformation par les moyens filmiques ? Une telle interrogation implique aussi la considération de différentes temporalités : saisi par la machine d’enregistrement cinématographique, le geste a constitué – et peut encore constituer– une sorte de mémoire de l’humanité. »

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Stars et solistes du musical hollywoodien

Plus qu’aucun autre genre cinématographique américain, la comédie musicale de l’âge d’or hollywoodien dépend de la présence et parfois du nombre de stars à l’affiche : si ces personnalités répondent aux exigences du star system, leurs indispensables compétences en danse et/ou en chant leur donnent aussi une place à part dans un modèle reposant principalement sur l’image. Cet ouvrage examine ce qui fait le propre des vedettes du musical américain à partir des années 1930 : leurs performances, en particulier en solo, qui révèlent aussi la façon dont la comédie musicale cinématographique interagit avec les cultures savante et populaire.

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Fiancées en folie de Buster Keaton

Si le rire procède de désordres, l’art comique relève d’ordonnancements et d’agencements. Buster Keaton en fut le grand maître, avec ses enchaînements de gags réglés comme du papier à musique, tant scénaristiquement que visuellement. "Fiancées en folie" (Seven Chances, 1925) l’atteste de forte et réjouissante façon. L’auteur le fait valoir, en suivant le fil du film, au plus près de ses effets visuels, tout en convoquant au passage plusieurs autres opus keatoniens. Apparaissent ainsi en chemin, peu connus, divers ingrédients et ressorts formels du comique... Pour autant, la précision de l’analyse, faisant écho à celle du film, n’enlève rien à la drôlerie de l’oeuvre.

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La dernière photographie. Sarabande d’Ingmar Bergman

Ingmar Bergman réalise Sarabande à quatre-vingt six ans alors qu’il pensait en avoir fini avec le cinéma. Ce tournage apparaît comme la seule issue aux tourments qui s’emparent de lui en cette fin de vie. Le cinéaste y pose la question du dialogue avec les morts : la réponse tient ici à l’utilisation de la photographie. Ainsi, place-t-il au cœur de son film le portrait d’une défunte : c’est paradoxalement cette image fixe qui va mettre en mouvement les personnages, et provoquer leur déplacement. La sarabande n’est-elle pas d’abord une danse ? Ultime et subtil renversement d’un cinéma qu’on pensait hanté par la mort.

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